Alger : Soulagement des candidats

Lydia ferme son sac à dos rempli d’une trousse bourrée de stylos, d’une bouteille d’eau et d’une barre chocolatée. La lycéenne de terminale est prête à entamer la première épreuve d’arabe. Elle fait partie des 245 candidats en filière lettres philosophie qui passent le bac dans le lycée Mohamed El Menaoui, situé dans la commune de Bachdjarah.

Le grand portail a été ouvert à 7h45 pour accueillir les premiers arrivés et le staff d’encadrement. Pas moins de 68 surveillants sont mobilisés en plus du chef de centre. «15 salles d’examen et une classe réservée à un candidat atteint de la maladie des enfants de la lune», fait savoir El Hadi Bendaoui, encadreur dans ce lycée situé à deux pas de la station de bus Etusa. Lydia est accompagnée par sa mère qui, paraissant plus stressée, lui donne les dernières consignes et vérifie si sa fille n’a pas oublié sa convocation et sa carte d’identité.
«Il  faut lire le sujet plusieurs fois avant de répondre», insiste la mère. Pour ces candidats, l’épreuve d’arabe est la plus redoutée à cause de son important coefficient, à savoir 5. De nombreux candidats sont accompagnés par un de leurs parents. La mère de Mohamed est fébrile. «Il s’est donné à fond tout au long de l’année. Il était très stressé à tel point qu’il n’a ni mangé ni dormi. J’ai peur qu’il ne puisse pas tenir jusqu’à 13h car il est diabétique», confie-t-elle, les larmes aux yeux. Elle a laissé des injections d’insuline chez le surveillant en cas d’imprévu. L’examen dure 3 heures. Les parents se soutiennent mutuellement tout en implorant Dieu de permettre à leur progéniture de réussir. «J’espère que les résultats seront à la hauteur de leur espérance»,  affirme l’oncle de Celina. Angoissée, l’adolescente semble désemparée.
Selon son oncle, elle a perdu son père vendredi dernier. 8h20, la porte du lycée se referme. Tant pis pour les retardataires. «Nous vérifions s’il n’y a pas d’absent. Nous temporisons jusqu’à la dernière minute pour permettre aux retardataires de rejoindre leur classe d’examen. Une fois les sujets distribués, aucun candidat ne sera autorisé à entrer», explique un agent. Il est 11 heures passées de quelques minutes.
Au Lycée Frantz Fanon à Bab El Oued, les premiers candidats commencent à sortir sourire aux lèvres. Pour l’un d’eux, de la filière scientifique, la première épreuve a été un bon départ. Sujets en mains, ils comparent leurs  réponses. Certains se disent soulagés, d’autres semblent incertains. Pour Lyès,  le sujet a été abordable. «Il n’y a pas eu de mauvaise surprise. Toutes les questions tournent autour de leçons étudiées en classe», raconte-t-il, soulagé. Lui, a opté pour la prose et traité la guerre de libération et ses conséquences sur l’évolution des connaissances. Comme à l’accoutumée, les candidats ont droit à deux sujets. Le second s’articule autour d’un poème de Moufdi Zakaria. «Dès que j’ai vu le sujet, j’ai paniqué.  Je me suis ressaisie rapidement car je me suis dit que c’est ma dernière chance. J’ai mis tout ce que j’avais dans le cerveau espérant que c’est dans le bon sens», lance optimiste Hassiba qui passe le bac pour la seconde fois.
 Wassila Ould Hamouda