Algérie-Egypte : Des relations historiques fortes et profondes

Difficile de qualifier les relations entre l’Algérie et l’Egypte, si ce n’est inédites,  historiquement profondes et politiquement fortes.

Les relations entre les deux pays ont été amicales et fraternelles tout au long de leur histoire. Cela remonte au soutien indéfectible et sans relâche de l’Egypte durant la glorieuse guerre de Libération nationale. L’annonce officielle de la création du Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA) a eu lieu le 19 septembre 1958 au Caire.  Ferhat Abbas y avait fait sa première déclaration publique, définissant les circonstances de la naissance de ce gouvernement.
Le  soutien de l’Egypte a été par des actes aussi. Le président égyptien Gamal Abdel Nasser était partisan de la Révolution et a fourni des aides au FLN, notamment la livraison du plus grand nombre d’armes.
Commandant des forces françaises, le général André Beaufre avait déclaré ceci: «La France aurait moins de problèmes si Nasser était destitué.» C’est là une référence des plus  claires au soutien continu d’Abdel Nasser à la guerre de Libération.
Guerres de 1967 et 1973 : engagement sans faille de l’Algérie
Les unités de l’Armée  nationale populaire (ANP), dont la majorité des éléments sont issus de  l’Armée de libération nationale (ALN), ont été au  côté  des troupes  égyptiennes  qui combattaient l’armée sioniste durant la guerre des 6 jours  en juin 1967. Six ans après, elles participent  à la guerre d’octobre  1973. Durant ces deux guerres, 56 éléments  de l’ANP sont tombés en martyrs.
En juin 1967, dès le début des combats, l’Algérie met ses troupes en état d’alerte maximum. Un premier contingent de 500 hommes est envoyé par la route en Égypte. Un millier supplémentaire suivra, de même qu’un escadron de MIG-17. Une cargaison de chars de combat a été envoyée par un navire.
Lorsque l’Égypte a souffert des pertes militaires importantes lors de la guerre israélo-arabe de 1967, Nasser a téléphoné au président  Houari Boumediene, en lui expliquant la situation et combien de pilotes sa force aérienne avait perdu. Boumediene a répondu en envoyant autant d’appareils que les Forces aériennes algériennes (AAF) pourraient donner, y compris une escadrille de MiG-21F-13 faisant partie d’une brigade de l’air sous le commandement d’Abdelrazek Bouhara. Toutefois, lorsque les pilotes égyptiens se sont rendus en Algérie afin de recueillir leurs avions destinés, la guerre avait déjà terminé en arrière sur la ligne de front, peu de temps avant leur retour en Égypte.
Dans leurs mémoires- notamment celles de l’ex-général Khaled Nezzar-,  après avoir participé à la guerre, les troupes algériennes demeureront stationnées en Égypte jusqu’en 1969, et plusieurs unités seront engagées sur la ligne de front.
En 1973, l’engagement algérien sera plus précoce et plus conséquent, l’ANP étant notamment chargée de la défense du Caire avec la présence d’une unité blindée (8e DB) et de trois escadrons aériens.  L’Algérie a envoyé une escadrille de MiG-21 et Su-7s à l’Égypte. À cela s’ajoute un autre contingent composé de deux escadrons de MiG-21F-13 et de pilotes en fonctions avec le quartier général de l’AAF déjà stationné en Égypte dès 1970. Elle a également envoyé une unité blindée de 150 chars qui ont commencé à arriver le 17 octobre, mais a atteint le front le 24 octobre, trop tard pour participer au combat. L’Algérie a également participé au front égyptien par l’envoi de son 8e régiment d’infanterie mécanique. Cela a inclus plus de 2 100 hommes de troupes, 815 sous-officiers non commandés, et 192 agents. À la suite de la guerre, l’Algérie, avec l’Union Soviétique, a financé l’Égypte et la Syrie, en leur donnant  200 millions de dollars américains dans le but de faciliter leur futur achat d’armes.
Première visite officielle d’Al-Sissi
Plus prés de nous,  Le 25 juin 2014, le président égyptien, Abdel Fattah al-Sissi, a choisi l’Algérie pour sa  première visite officielle à l’étranger depuis son élection un mois plus tôt. Un geste qui met en exergue la profondeur des relations qui lient les deux pays et les deux peuples.
Les relations politiques entre les deux parties sont marquées par des échanges réguliers au plus haut niveau. La dynamique des concertations entre les deux parties sur les questions stratégiques ne s’est jamais infléchie. Les deux pays ont toujours adopté  des positions communes concernant les questions internationales et régionales.
Sur le plan économique, les deux pays entretiennent des liens économiques très forts et mutuellement bénéfiques. Il s’agit actuellement de donner un nouvel élan aux échanges commerciaux et aux investissements croisés. Les échanges commerciaux ont dépassé les 747 millions de dollars en 2020, selon les chiffres avancés par le ministère du Commerce, a rapporté l’APS.
Amokrane H.