Alimentation d’Oran en eau potable : Au-delà des contraintes techniques

 Depuis l’été, l’alimentation de la ville d’Oran en eau potable se fait un jour sur deux pour 90% de la population. Le reste est alimenté un jour sur trois.

Une situation que n’a pas connue la deuxième ville du pays depuis plusieurs années. Ces restrictions sont mal acceptées par les Oranais qui n’arrêtent pas de clouer au pilori la SEOR, l’entreprise de gestion de l’eau. Mais pour les responsables de cette dernière, les problèmes ne relèvent pas directement de son ressort même s’ils font tout leur possible pour aplanir un tant soit peu les difficultés rencontrées en rendant moins rare la ressource hydrique qui est due à une série de problèmes techniques dans les infrastructures hydrauliques. En effet, et selon leurs dires, plusieurs problèmes techniques ont été enregistrés mettant la SEOR au pied du mur, la contraignant à déployer de gros efforts pour offrir le précieux liquide aux foyers oranais.
La station de dessalement d’El Macta subit, depuis quelques temps, de nombreux aléas techniques qui impactent le bon fonctionnement de ses installations. Cette situation a été, d’autre part, aggravée par la relativement faible pluviométrie et l’assèchement des infrastructures hydrauliques de la région. La station de dessalement d’El Macta qui avait déjà baissé sa production en octobre passé, est carrément à l’arrêt, depuis un bon moment,  à cause d’une mer agitée et de la densité des matières en suspens, avait-on, alors, annoncé à la SEOR. Cela explique que son apport ait, ainsi, diminué de 180.000 m3 par jour. Fort heureusement, ce déficit a été comblé  par un apport supplémentaire de 200.000 m3/jour accordé à la SEOR à partir du couloir du MAO (Mosta-Arzew-Oran) du barrage du Chélif.  Ceci a permis de maintenir un tant soit peu le programme de distribution habituel malgré l’arrêt de la station. Par ailleurs, d’autres dysfonctionnements ont été constatés, notamment, au niveau de la Tafna ce qui a contraint à l’arrêt de la station de Chatt El Hilal.
Jusqu’ici, tout ceci a été géré, in extrémis, par la SEOR même si les responsables s’attendent à de plus grosses perturbations avec l’arrêt du couloir Tafna qui alimente la partie ouest de la wilaya d’Oran. Pour pallier à ce déficit, la SEOR compte sur une reprise de la SDEM d’El Macta. Un arrêt qui sera différé pour coïncider avec l’arrêt programmé de la station de Chatt El Hilal. Eu égard à ces multiples arrêts, la SEOR déploie de gros efforts  pour maintenir un programme de distribution au niveau des attentes de la population. L’entreprise est ainsi contrainte de faire preuve d’ingéniosité pour essayer de combler les déficits  de production, et donc, de distribution, par différents moyens, entre autres, les lâchers d’eau des barrages, les apports supplémentaires, et l’adaptation des programmes de  distribution. Pour les responsables de la SEOR, l’essentiel demeure à ce que l’on réussisse à desservir la majorité de la population et à éviter des coupures plus longues.  Quant à la couleur rougeâtre et la qualité de l’eau distribuée actuellement, on y reviendra une autre fois…
Amar Abbas