Altercations, rixes… Phénomène récurrent

Violence verbale et bagarres dans les quartiers à quelques minutes de la rupture du jeûne. Outre le changement des habitudes alimentaires et le manque de sommeil, ces comportements agressifs pourraient également s’expliquer par le contexte socioéconomique, marqué par la hausse quasi générale des prix. Dès le premier jour du Ramadhan, des comportements répréhensibles émaillent le quotidien des Algériens. Certaines personnes, en furie, s’adonnent à toutes sortes de violence, allant parfois jusqu’à commettre l’irréparable en ce mois censé être de piété, de respect et de tolérance. Il suffit de se rendre aux marchés de proximité, de quelconque commune que ce soit, pour se rendre compte de la pression que subissent aussi bien les vendeurs, obligés de rester au soleil durant des journées entières, que les clients, souvent agacés par la hausse des prix. A cela s’ajoutent les répercussions du manque de sommeil ou de nicotine pour les fumeurs. De gros mots échangés, puis des expressions obscènes qui finissent souvent en bagarres. Des scènes fréquentes qui rythment le quotidien des jeûneurs. Le phénomène ne se limite, d’ailleurs, par aux marchés. Dans les cités populaires et les lieux d’habitation à haute densité humaine, l’ambiance est souvent tendue. Selon Hadj Nacer, un sexagénaire que nous croisons à l’écart d’une bagarre survenue à Belouizdad, toute cette agitation est due aux changements des habitudes. «Les gens dorment moins et sont irrités», estime-t-il. Il ajouter que le manque d’excitants, tels que la caféine ou la nicotine empêche les jeûneurs d’effectuer correctement les simples tâches du quotidien. «Tous ces éléments, mis côte à côte, vous mettent les nerfs à fleur de peau. Mais il est nécessaire de se maîtriser et de ne pas donner suite aux échanges haineux lorsqu’on y est confronté», indique-t-il. Pour un autre concitoyen, la situation socioéconomique du pays se répercute sur le moral des Algériens. «Bien que ces raisons soient légitimes et traduisent une préoccupation quant à leur avenir et à ceux de leur famille, il ne faut pas se montrer faible et laisser libre cours à ses instincts primaires», renchérit-il. Selon lui, la maîtrise de soi est requise pour atteindre l’objectif ultime du jeûne, qui n’est autre que de se rapprocher de Dieu.
Walid Souahi