Amar Belkhodja : «L’Emir n’était pas l’ami de la France»

Samedi après-midi, la librairie Chaïb-Dzair, à Alger, a invité l’écrivain Amar Belkhodja pour présenter son dernier ouvrage, «L’Emir Abdelkader, adversaires et admirateurs». Le débat a tourné notamment autour de fausses informations sur le plus grand héros de l’histoire de l’Algérie.

Après la présentation de son dernier ouvrage «L’Emir Abdelkader, adversaires et admirateurs», édité chez l’ANEP, le public présent dans la librairie, composé d’admirateurs de l’Emir, de spécialistes de l’Histoire et d’écrivains, tels que Lazhari Labter et le sénateur et ancien ministre et ambassadeur d’Algérie en Syrie, Kamel Bouchama, s’est retrouvé face à un homme qui aime son pays et défend farouchement son Histoire, ses chouhada et ses grands héros, dont l’Emir Abdelkader. Pour écrire son ouvrage, l’ancien journaliste Amar Belkhodja s’est basé sur des documents, des écrits ainsi que des photos émis aussi bien par les admirateurs de l’Emir Abdelkader que ses ennemis. Dans son ouvrage tout comme lors de la rencontre de samedi dernier, Amar Belkhodja a insisté sur le côté humain de l’Emir et ses diverses qualités de stratège militaire, de combattant que d’homme de culture et de religion. Au sujet des photos diffusées par les ennemis de l’Algérie et son héros, Belkhodja a sorti une photo montrant un traitre et le présentant en tant que l’Emir Abdelkader. Déçu et fâché, il poursuivra par la présentation de photos de bacs à ordures avec les inscriptions aux noms de nos valeureux chouhada dont Khelifa Boukhalfa, Didouche Mourad et Larbi Ben M’hidi. Il est possible que des employés des services d’hygiène manquant de culture aient fait cette grave faute pour situer l’adresse, mais Belkhodja s’est insurgé contre les responsables tels que les P/APC et chefs de daïra qui n’ont pas réagi à temps. Au sujet de notre histoire et celle de l’Emir Abdelkader, il a déclaré : «Il y a trop de lacunes, car nous avons laissé les autres parler à notre place.» Il a donné comme exemple l’histoire de l’emprisonnement de l’Emir au Château d’Amboise. Il a tenu que le chef algérien vivait dans les dépendances du château et non dans les salons, comme on veut nous le faire croire. Il ajoutera que l’Emir ne s’est pas rendu et n’a pas fui le combat. Il se demande, d’ailleurs, comment on le traite d’ami de la France. Le conférencier, qui devait dédicacer son ouvrage préfacé par le professeur Mustapha Khiati, est revenu sur les qualités morales, culturelles, militaires et humaines. Il a parlé également du poète et du soufi, du démocrate et de l’unificateur qu’était l’Emir.
Il ne s’est pas rendu
 Intervenant durant les débats, Kamel Bouchama, qui avait ramené les médailles de l’Emir, lorsqu’il était ambassadeur d’Algérie en Syrie, a précisé que celles-ci n’ont pas été décernées au chef algérien par la France mais par d’autres pays tels que la Russie et la Bulgarie. Avant de la ramener, Bouchama les avaient toutes authentifiées. Il a également confirmé que l’Emir était dans les dépendances du Château d’Amboise et non dans ses salons. D’ailleurs, en trois ans, il y a eu 25 morts parmi la famille et les accompagnateurs qui y étaient également emprisonnés. Cela prouve que l’Emir et ses proches souffraient de froid et d’humidité dans les dépendances du château.
Au sujet de la négociation, Belkhodja s’est demandé comment la France, qui avait 156.000 hommes, dont 50 000 du Marocain Moulay Abderrahmane, pour vaincre les 2.000 moudjahidine de l’Emir pouvait négocier avec un perdant. De son côté, Bouchama a exigé que le mot reddition soit banni, et il a bien raison. L’ouvrage «L’Emir Abdelkader, adversaires et admirateurs» doit absolument être lu par les étudiants et tous ceux qui veulent connaître la vérité sur l’homme qui s’est démarqué par son combat, sa culture, son humanisme et sa sagesse.
Bari Stambouli