Amel Abdellatif, DG des impôts : «Possibilité de réviser le barème de l’IRG»

«Il est possible de réviser davantage le barème de l’IRG (Impôt sur le revenu global) à condition que nous élargissions l’assiette fiscale. Ceci veut dire que la population ciblée par la fiscalité doit être plus importante et là il faut passer par ce qu’on appelle l’inclusion fiscale. Il y a toute une campagne de sensibilisation qui est menée pour inciter et accompagner les opérateurs et contribuables», a fait savoir, ce dimanche, la directrice générale des Impôts sur les ondes de la Radio nationale.
Amel Abdellatif a fait remarquer à ce sujet que la dernière baisse de l’IRG s’est fait en deux temps. «La première étape, c’était d’exonérer carrément les salaires égaux ou inférieurs à 30.000 dinars. Nous avons aussi prévu un abattement pour les salaires entre 30.000 et 35.000 dinars. C’est un abattement supplémentaire mis en place pour assurer l’équité fiscale et respecter la progressivité de l’impôt», a-t-elle dit, tout en rappelant également la révision de l’abattement lorsque la pension de retraite varie entre 40.000 à 45.000 dinars. De même pour les revenus perçus par les personnes aux besoins spécifiques.
D’après elle, plus de 5 millions ont bénéficié de l’abattement de l’IRG décidée dans le cadre de la loi des finances complémentaire de 2020. Elle a fait savoir que plus les salaires sont bas, plus la révision de l’IRG est importante. A titre indicatif, un gain de 6% est enregistré lorsque le revenu est inférieur à 60.000 DA, a-t-elle précisé. Pour l’administration fiscale, l’incidence financière relative à la révision de l’IRG est estimée à 195 milliards de dinars, autrement dit des pertes en termes de recette fiscale. La directrice générale des Impôts a souligné qu’une batterie de mesures ont été prises pour renforcer l’inclusion fiscale, soulignant qu’une nouvelle approche a été engagée. «Nous avons lancé un chantier de réforme globale de finance publique. Il s’agit de revisiter la fiscalité et nous avons commencé par la révision des impôts directs pour baisser la pression fiscale», a-t-elle dit, tout en informant que la DGI se penche sur la révision de la taxe sur la consommation. «Il y a une réflexion sur la révision de la TVA et les impôts indirects. Nous allons revoir le champ d’application», a-t-elle souligné, tout en assurant que cette opération est «en cours». «Il s’agit de jumeler le code des impôts indirects et le code des taxes de chiffre d’affaires.» A cela s’ajoute le travail lancé pour faciliter et simplifier les modalités de paiement des droits d’enregistrement et du droit de timbre qui, précise-telle, n’ont pas été modifiés depuis 1960. Au sujet de la fiscalité ordinaire, Abdellatif a indiqué qu’au 30 septembre 2022, le volume recouvré par la DGI est de l’ordre de 1.800 milliards de dinars, soit une augmentation de 4% par rapport à 2021. Ceci est tiré par le haut par l’augmentation de l’IBS et de la TVA, a-t-elle expliqué, avant de conclure qu’«avec la diversification de l’économie, nous arriverons à mobiliser beaucoup plus de ressources mais, pour ce faire, il faut réfléchir à d’autres mécanismes».
 Wassila Ould Hamouda