L’PN adopte le projet de loi de finances 2023 : L’empreinte sociale de l’Etat

Les membres de l’Assemblée populaire nationale (APN) ont adopté, ce mardi, à la majorité absolue le projet de loi de Finances (PLF2023), après avoir débattu les 32 amendements introduits au niveau de la Commission des finances et du budget, ainsi que les propositions de reformulation de certains articles du texte de loi. 
Le ministre des Finances, Brahim Djamel Kassali, a rappelé, dans une déclaration en marge de l’adoption du PLF 2023 que le ce texte a été conçu avec pour objectif de « préserver les acquis sociaux, relancer l’économie nationale, tout en améliorant le climat des affaires et en encourageant la création des richesses ». Il a indiqué à ce propos que ces objectifs se sont traduits concrètement à travers « la revalorisation prévue des salaires, des pensions de retraite et de l’allocation chômage », mais aussi à travers l’effort qui a été fait pour qu’il ne contienne « aucun nouvel impôt, ni nouvelle taxe ». Pour le ministre, le PLF 2023 cadre avec les orientations du président de la République visant à « améliorer le financement de l’économie nationale » et à fédérer « toutes les forces nationales et les compétences du pays, appelées à relever les défis imposés par la conjoncture actuelle ».
Pour sa part, le président de la Commission des finances et du budget, Lakhdar Salmi, a tenu à relever que le texte de loi adopté comporte « le plus conséquent budget de l’histoire de l’Algérie », puisqu’il prévoit un budget de fonctionnement et d’équipement de plus de 13 000 milliards de dinars, l’équivalent de 98 milliards de dollars. L’augmentation du budget de fonctionnement, de 26,5%, par rapport à celui de 2022 « s’explique par la hausse de l’ordre de 23,4% des salaires », prévue en 2023, mais aussi par « l’augmentation de la contribution de l’Etat à l’Office algérien interprofessionnel des céréales (OAIC) et à l’Office National Interprofessionnel du Lait et des produits laitiers (ONIL) », a souligné le député. Et d’ajouter que cette importante somme consacrée par le budget de 2023 permettra aussi « d’assainir la situation financière des établissements hospitaliers, de couvrir les créances des organismes de sécurité sociale, notamment celles de la CNR et de la CASNOS, et de créer l’année prochaine pas moins de 16 000 nouveaux postes budgétaires, résultant de la création attendue de 876 nouveaux établissements publics ». Quant aux dépenses de fonctionnement, le président de la commission des finances et du budget a fait savoir que le PLF 2023 prévoit à ce titre une hausse de 2,9%, par rapport à l’année 2022, eu égard aux « différents projets structurants qui seront lancés l’année prochaine ».
Nouvelle approche dans la gestion des finances
Le président de l’APN, Brahim Boughali, a affirmé de son côté que le PLF 2023 a adopté une « nouvelle approche dans la gestion des finances de l’Etat s’appuyant sur les objectifs à réaliser », non pas sur le simple financement des programmes. Pour lui, « il reste à transformer les chiffres contenus dans le texte de loi en de projets réalisables sur le terrain ».
Il convient de rappeler que le détail, le PLF 2023 élaboré sur la base d’un prix référentiel prévisionnel du baril de pétrole de 60 dollars, prévoit, un taux de croissance moyen de 4,1% en 2023 et de 4,4% en 2024. Il table une augmentation des recettes budgétaires totales à 7 901,9 milliards de dinars et 13 786,8 milliards de dollars de dépenses, réparties sur les dépenses de fonctionnement. Celles-ci augmenteront à 9 767,6 milliards de dinars (+26,9%), alors que les dépenses d’équipement atteindront 4 019,3 milliards de dinars, soit en hausse de (+2,7%) par rapport à la loi de finances complémentaire (LFC) 2022. Le déficit budgétaire passera, sur la base des recettes et dépenses prévisionnelles, de 4 092,3 milliards de dinars (-15,9% du PIB) dans les prévisions de clôture pour 2022 à un déficit moyen de 5720,0 milliards de dinars sur la période 2023-2025 (-20,6% du PIB).
Lyes Mechti