Après le sacre arabe des Verts : Bougherra sur les traces de Belmadi

Lorsqu’il avait pris en main la sélection nationale des joueurs locaux (A’) au mois de Juin 2020, en remplacement du français, Ludovic Batelli, personne ne pensait que Madjid Bougherra allait complètement métamorphoser cette formation au point de la hisser vers le sommet du football arabe.

Pourtant, celui qu’on avait contesté au moment de sa nomination et considéré comme un choix par défaut, est parvenu à insuffler un nouvel état d’esprit et à redonner une véritable âme à cette équipe. Qu’on le veuille ou pas, ce sacre arabe des Fennecs est en grande partie l’œuvre de l’ex coach d’Al Fujaïrah (Emirats Arabes Unis) qui a su transformer en si peu de temps, une équipe qui accumulait les déceptions depuis plusieurs années, en une machine à gagner. Sous ses ordres, l’équipe algérienne a retrouvé un certain équilibre. Grâce à une bonne organisation sur le terrain, une discipline dans le jeu, une complémentarité entre les lignes, de l’agressivité dans les duels et beaucoup de cœur à l’ouvrage, les Fennecs auront donné du fil à retordre à des équipes huppées telles que l’Egypte, le Maroc, le Qatar ou encore la Tunisie, leur adversaire en finale. Il y’a aussi cette solidité à toute épreuve, ce tempérament de gagneur et cette rage de vaincre, dégagée par le onze national, véritable marque de fabrique d’un certain Djamel Belmadi que Bougherra a su transmette à ses éléments.
D’ailleurs, tous ceux qui avaient suivi cette 10e édition de la Coupe Arabe, la première sous l’égide de la FIFA, auront sans doute, remarqué cette similitude frappante dans le style de jeu adopté par les deux hommes. Comme chacun le sait, l’ancien joueur des Glasgow Rangers travaille en étroite collaboration avec son mentor, Belmadi qui l’avait recommandé aux responsables de la FAF pour prendre en main cette sélection des joueurs locaux. En tout cas, sous ses ordres, cette EN A’, absente des quatre dernières éditions du CHAN, a retrouvé un certain équilibre en témoigne cette rigueur défensive (4 buts encaissé en 7 matches), et leur allant offensif (13 buts) le tout servi par une qualité technique qui a toujours fait la force du football national. En plus de cette rage de vaincre et ce tempérament de gagneur, inculqué à ses éléments, Bougherra s’est montré, grâce à sa forte personnalité, particulièrement inspiré dans le choix de ses hommes. L’exemple le plus marquant est celui des jeunes, Houssem Merizigue et Tayeb Meziani dont il a fait des titulaires indiscutables durant cette Coupe Arabe et qui auront donné entière satisfaction. Il fallait aussi beaucoup d’audace et de courage pour écarter des joueurs comme Chouaib Keddad, Nabil Lamara, Youcef Laouafi et Ahmed Kendouci, considérés comme cadres de l’équipe et confier un statut de titulaire à d’autres, complètement oubliés ou peu sollicités ces derniers temps à l’image d’Ilyès Chetti, Sofiane Bendebka  ou encore le vétéran, Yacine Brahimi (31 ans) qu’on avait déjà enterré trop vite. Un choix risqué certes, mais qui s’est toutefois révélé payant puisque ce même Brahimi s’est imposé comme la grande star de cette édition qatarie, lui qui a été désigné meilleur joueur du tournoi.
En faisant passer les vertus collectives avant les mérites individuels, le technicien de 39 ans a également réussi à libérer ses éléments les plus talentueux de leur statut d’hommes providentiels. Baghdad Bounedjah et Youcef Belaili en savent quelque chose, eux qui ont complètement retrouvé leurs sensations dans ce collectif bien huilé. Très proche des joueurs, Madjid Bougherra fait déjà l’unanimité au sein de cette sélection algérienne qui semble enfin, avoir trouvé le bon chef d’orchestre, capable de la maintenir dans les sommets.
Mehdi F.