Théâtre pour enfants à Béjaïa : Une pièce à apprécier sans modération

C’est une création toute fraîche que la Maison de la culture de Béjaïa a proposé à son fidèle public, son jeune public plutôt, car celle-ci s’adresse en particulier aux enfants. La toute première représentation de la pièce «D waï d amdakkel iw» (« C’est mon ami »)  a été programmée dans le cadre de la célébration de la Journée internationale de l’enfant.

C’est la troupe «Iminigen» qui a porté ce projet théâtral sur lequel elle a planché une année durant pour le mettre au point. C’est la troisième pièce pour enfants à l’actif de la  troupe, après «Nouna au pays des contes» et «Timucuha n Jidda», livrées respectivement en 2016 et en 2019. «D waï d amdakkel iw» met en scène deux amis clowns. Voilà ce que dit son synopsis : «Au pays des clowns et des couleurs vivaient deux amis, qui aimaient beaucoup jouer et s’amuser dans la nature. Après une longue absence, ils se rencontrèrent par hasard dans un jardin magique où régnait la marguerite sous la protection de Fou Fou l’épouvantail et entretenu par Nouna. Khatouche comme à son habitude et sans faire attention détruit tout ce qu’il touche. Que sera alors la réaction de Nouna?  »
Les personnages de la pièce sont campés par les comédiens Nacima Adnane et Mohamed Ferchouli. Les deux acteurs ont un riche parcours artistique, avec à leur actif une participation dans plusieurs pièces théâtrales jouées par la troupe du TRB. La mise en scène est signée Mohamed Yargui, qui a exercé ses talents comme acteur et assistant à la mise en scène au TRB, avant de créer, avec Nacima Adnane, la troupe Iminigen. Yargui a plusieurs flèches à son arc puisqu’il assure la production et l’animation d’une émission culturelle à «Radio Soummam» et a aussi réalisé des courts-métrages et documentaires qui ont décroché des distinctions dans plusieurs festivals. La scénographie est réalisée par Warda Khima, tandis que l’atmosphère musicale est à l’actif de l’artiste compositeur Yasmine Rabet.
La pièce est une création collective, sans texte préétabli, alimentée par «le désir de raconter ensemble une histoire», confie Yargui, fondateur de la troupe, qui explique que le thème des relations humaines qu’elle traite, à travers des notions comme l’amitié et l’acceptation de l’autre, s’est imposé avec le confinement qui en a dégradé la qualité. Ce sont des valeurs que l’enfant doit comprendre pour interagir positivement lorsqu’il fera face à des gens, des comportements, des idées différentes. Chaque acteur a progressivement construit son personnage au fil des exercices, discussions et recherches, basés sur les contes, les jeux clownesques et les chants, avec comme objectif de déclencher le rire ou l’étonnement, susciter l’émotion, etc. La scène est propice au voyage hors du temps, dans le monde de l’imaginaire, du magique vers lequel l’assistance juvénile ne peut que s’y laisser transporter avec plaisir. Mais les adultes, qui accompagnent leur progéniture, peuvent aussi se permettre de replonger, au moins le temps d’un conte, dans cet univers si innocent et si coloré de l’enfance. «D waï d amdekel iw» est certainement à apprécier. Sans modération.
Ouali M.