Culture du safran à Béchar : Le pari réussi de deux jeunes  

 De nos jours, le safran appelé aussi «l’or rouge» est l’épice la plus chère au monde. Nouvellement introduite dans la wilaya de Béchar, sa culture érigée en filière autonome par le ministère de l’Agriculture a aussitôt suscité l’intérêt d’Abdelkrim Khouissi et Abdeljalil Bendouda.

«C’est l’histoire d’un rêve devenu réalité. Nous avons commencé par planter quelques fleurs sur une superficie de 400 m2. Aujourd’hui, on récolte 25 g de poudre parfumée», raconte le premier, visiblement satisfait. Selon la direction des services agricoles (DSA) de Béchar, la wilaya a réalisé, l’an dernier, une production plus de 20 kg de safran d’une valeur estimée à plus de 120 millions de dinars.
A 37 ans, Abdelkrim s’est fait un nom dans la région. Depuis son jeune âge, il a évolué dans le monde de l’agricole en cultivant avec succès de la vigne et des oliviers. Depuis trois ans, il s’est tourné vers le safran qu’il fait pousser à Hassi Houari, à l’est de la wilaya de Béchar. «Le bulbe de safran n’exige pas de soin particulier, mais il est recommandé toutefois d’arroser le sol car une humidité trop forte risque de le faire pourrir», explique-t-il. Ce safranier assure  sans difficulté la distribution de l’or rouge dans les régions voisines comme Adrar. «Les affaires fonctionnent bien», lance-t-il souhaitant placer à l’avenir son produit dans les autres wilayas et exporter à des prix concurrentiels. «Mon objectif n’est pas d’introduire cette épice à Béchar, mais de la rendre plus disponible et moins coûteuse que celle importée d’Iran et du Maroc», renchérit-il.
Interrogé sur sa cherté, il explique qu’il s’agit «d’un travail minutieux de collecte des fleurs à la main». Avec son coéquipier, Abdeljalil Bendouda, ils s’échinent, tout au long de l’année, à planter et entretenir les bulbes de safran. Le désherbage se fait à la main pour ne pas endommager les jeunes bourgeons. La seule difficulté à laquelle sont confrontés les deux cultivateurs réside dans les lourdeurs administratives qui contrarient leurs ambitions.
Khouissi rappelle enfin que le bulbe de safran est généralement planté à la mi-août et la cueillette de ses jolies fleurs violettes commence début novembre pour en extraire les fameux stigmates qui seront ensuite séchés. Ils sont ensuite commercialisés comme condiments ou intrants pour la fabrication de médicaments et d’huiles. Pour la biologiste Fadila Kermane, le safran possède de multiples vitamines et huiles essentielles bénéfiques pour l’organisme.
Samira Sidhoum