Pour Tebboune, le 2e mandat n’est pas d’actualité

Evoquant sa carrière au service de l’Etat, il a estimé, qu' »après avoir exercé un peu plus de cinquante ans au service de l’Etat », depuis sa sortie de l’Ecole nationale d’administration (ENA) en 1969, « il est très difficile de faire de l’opposition à l’intérieur même du système ».

« Pourtant, j’en ai fait, j’étais une sorte de mouton noir. On m’a envoyé comme wali aux postes où il y avait le plus de problèmes. On m’avait collé une étiquette de +tête dure+, parce que je ne me privais pas de dire ce que je pensais », a-t-il confié.
Et de poursuivre : « En 2017, j’étais déjà convaincu que l’Algérie allait droit dans le mur, que si la déliquescence des institutions se poursuivait, elle allait aussi impacter l’Etat-nation même, pas uniquement le pouvoir ».
« On ressemblait de plus en plus à une république bananière, où tout se décidait dans une villa sur les hauteurs d’Alger. Les institutions étaient devenues purement formelles, à l’exception de l’armée, qui a pu sauvegarder sa stature », a-t-il affirmé. « Il fallait donc agir et j’ai proclamé, en tant que Premier ministre, devant le Parlement, que le salut viendrait de la séparation de l’argent et du pouvoir. Ma famille et moi en avons payé le prix, mais cela fait partie du risque de l’exercice du pouvoir », a-t-il relevé. Pour lui, « quand le pouvoir est gangrené par les intérêts personnels, il  se défend à sa manière. S’attaquer à ce système peut devenir mortel. Très dangereux », a-t-il déploré, ajoutant qu' »une partie de l’administration, censée être neutre et servir les administrés, s’est mise au service des lobbys de la kleptocratie, que l’on appelle à tort +oligarchie+, car il s’agit plutôt d’un groupe de voleurs ».
« Candidat du peuple et de la jeunesse »
Le Président Tebboune a indiqué, par ailleurs, n’avoir pas été le candidat d’un parti politique, mais celui du peuple et de la jeunesse, qu’il considère comme « deux piliers » sur lesquels il compte beaucoup. « Je n’ai pas été le candidat d’un parti, mais celui du peuple et de la jeunesse, deux piliers sur lesquels je compte beaucoup », a-t-il dit,  regrettant qu' »une multitude de nos partis ne sont pas représentatifs d’un courant d’idées, mais sont construits autour d’une personne qui s’éternise à leur tête, sans aucune volonté d’ouverture ou de réforme »
« Attention, je ne dis pas que je ne crois pas en la classe politique, mais elle représente peu de chose par rapport à un peuple. Tous les partis  réunis ne totalisent pas 800 000 militants, alors que nous sommes près de 45 millions d’Algériens », a-t-il affirmé, ajoutant que « plus tard, peut-être, lorsque les institutions auront repris leur place et leurs fonctions, libérées du diktat de l’argent sale, on pensera à créer un parti présidentiel. Mais pas pour le moment ».
Interrogé sur un éventuel autre mandat présidentiel, il a indiqué qu’il n’y pense pas et que sa mission et de remettre sur pied le pays. « Très  honnêtement, je n’y pense pas. Ma mission est de remettre sur pied mon pays, lutter contre les passe-droits, reconstruire les institutions et faire que la République appartienne à tout le monde. Un autre mandat ? Je ne sais pas. On n’est qu’au début de mon mandat », a-t-il ajouté.
Sur un autre plan, le président de la République a indiqué que l’Algérie est un pays « facile à vivre » et que « notre culture de la solidarité est exceptionnelle, on l’a vu pendant la crise sanitaire : les citoyens ont multiplié les initiatives pour s’entraider ».Il a rappelé que la santé et l’éducation en Algérie sont « gratuites » et « comparativement aux pays voisins, nous avons eu peu de candidats dans les rangs du groupe Etat islamique et nous comptons moins de harraga, selon les statistiques des centres de rétention en Espagne et en Italie ».
« On peut être heureux, mais il faut avoir le courage de voir son pays autrement. On peut détester Tebboune, mais pas détester son propre pays »,  conclut le président de la République.