Hausse des cas de contamination : Inquiétude des médecins

Les chiffres grimpent une nouvelle fois. La barre des nouvelles contaminations par la Covid-19 avoisine les 400 cas par jour.

Le bilan de vendredi fait état de 385 nouveaux cas et de 7 personnes décédées. Le Pr Ryad Mahyaoui, membre du Comité scientifique de suivi de la  pandémie, qualifie la situation d’inquiétante. Cette hausse constatée depuis le début du mois de juin est le résultat, selon lui, d’un relâchement dans l’application des mesures barrières durant le Ramadhan, la fête de l’Aïd El Fitr, les fêtes de mariage, les rassemblements dans des salles fermées. Selon le médecin, l’ouverture partielle des frontières et la reprise des activités ne signifient pas la fin de la crise.
«Avec une saturation à plus 65 %, nous serons obligés d’ouvrir de nouveaux lits dans d’autres services», indique-t-il. Les autorités sanitaires seront dans l’obligation de faire appel aux chefs de service pour essayer de mobiliser de nouveau des lits de réanimation. «Il est vrai que la campagne de vaccination suit son cours, mais il faut plus compter sur la prise de conscience individuelle et collective. Le port du masque doit être obligatoire pour éviter une catastrophe sanitaire», a-t-il ajouté. Le Pr Mahyaoui rappelle que l’évolution de la situation épidémiologique en Algérie est assez caractéristique et les mesures de confinement et de déconfinement se font selon la courbe des contaminations.
Le praticien a affirmé que tant l’Algérie n’a pas atteint un taux appréciable d’immunité collective, soit par la vaccination ou par l’infection nature, la menace de voir les chiffres grimper est toujours là. Pour une énième fois, le travail de sensibilisation, d’information et de solidarité doit s’imposer pour faire face à cette hausse inquiétante. «Le citoyen est appelé de nouveau à répondre à notre appel pour éviter une troisième vague qui sera plus dévastatrice et d’éviter surtout le scénario que connaissent certains pays», a-t-il averti. Et d’ajouter : «Eviter la propagation de la Covid n’est pas l’affaire du seul Comité scientifique, mais celle de tout un chacun. Il faut comprendre que la vaccination n’empêche pas la contamination, mais protège contre les formes graves de l’infection.»
Le Pr Rachid Belhadj, directeur des activités médicales et paramédicales au CHU Mustapha-Pacha d’Alger, confirme cette augmentation au niveau de cette structure. «Comme nous l’avons déjà dit, cette hausse était prévisible. Elle est le résultat du relâchement constaté durant le mois de Ramadan et la fête de l’Aïd», a-t-il dit.
Au niveau de cet hôpital, 24 patients ont recensés vendredi dernier, dont 6 hospitalisés. Il a rappelé qu’il y a quelques semaines, le nombre de malades ne dépasse pas les cinq malades avec une à deux demandes d’hospitalisation. Le directeur a fait part de la présence de sujets de plus en plus jeune, entre 35 et 40 ans, et une forte demande en lits de réanimation et d’hospitalisation. «Nous sommes en train d’enregistrer un nouveau pic et si la population ne se ressaisit pas surtout à l’approche de l’été, on risque d’aller très rapidement vers la troisième vague», a-t-il conclu.
Samira Belabed