TNA : Bel hommage à Karim Taha Khelil et Tahar Ben Ahmed                                                                                                                                                                 

Un vibrant hommage a été rendu, samedi, aux artistes Karim Taha Khelil, dit Karim Tahar, et Tahar Ben Ahmed, lors d’une cérémonie émouvante, organisée au TNA par l’Association «Le troisième millénaire» et l’Office national des droits d’auteurs et droits voisins (Onda).

Un grand nombre d’artistes connus sont venus retrouver ces deux grands  noms de la variété algérienne. L’artiste Mohamed Oujdi a tenu à venir se produire en guise de reconnaissance au  talent de l’un et de l’autre. Il a notamment entonné  «Ma tebkich ya lalla», qui a électrisé l’assistance. Sur scène, le jeune artiste chaâbi Tarik Ayad dont la belle voix rappelle El Hadj El Hachemi Guerouabi a repris devant un public admiratif des tubes très connus dont «Hakmet», «Ouahdani Gharib» et «Haramtoubik Nouaâssi».L’interprète a fait sensation en ressuscitant tant par son jeu de mandole que par ses gestuelles le grand maître du chaâbi. L’hommage organisé a été un pur moment de nostalgie surtout quand vint le tour de la chanteuse «Nardjess» de monter sur scène. Elle chantera des classiques de l’andalou et du moderne comme  «Abou ouyoun el ouikah», «Ya belaredj», «Chahletlaâyani», «Mel hbibimalou», avant d’associer le public qui a repris le refrain de «Aâchki ou ghrami» sur fond de youyous. Le grand moment de cet après-midi artistique fut le passage du chanteur Kabyle «Izoran», qui a offert une belle prestation en reprenant quelques chansons du défunt Idir de «Asendu» et des airs très dansants.
Chanteurs et compositeurs
Pour rappel, l’artiste Karim Taha Khelil un ancien boxeur a rejoint dans les années 50  la Chaîne 2 où il a rencontré Iguerbouchène. Considéré comme un pionnier du genre moderne son répertoire compte un grand nombre de chansons sentimentales et patriotiques dont certaines écrites par Kamal Hamadi. Il a enregistré et chanté aussi en français comme dans «J’avance», «Soleil brille». Il a participé à plusieurs émissions au Maghreb, dans les pays arabes et en Europe. Très vivace, le dandy a fait le tour du monde à deux reprises en prenant part à des tournois de boxe. Tahar Ben Ahmed a excellé dans la chanson chaâbi.
Né en 1933 à la basse- Casbah, il a fait de la «derbouka» son instrument favori. Auteur et compositeur, il a côtoyé Mustapha Sahnoun qui jouait de l’accordéon et avec lequel il partageait une immense passion pour la chanson arabe, surtout Egyptienne. Ils se sont même associés pour mettre sur pied une association musicale. En 1952, il a fait connaissance avec Abdelhamid Abbabsa, et a participé avec lui dans plusieurs tournées artistiques avant de rejoindre Missoum Amraoui et Cheikh Namous. En 1957, il a rejoint la troupe artistique du FLN et après l’indépendance intégra la Radio nationale  aux  côtés entre autres  de Skandrani. Il composera ensuite  «Kouliâlech» pour NqadiaTissir, «El khatem» chanté par Nadia ben Youcef et «Oulechaâziz» pour Djida. Il fut aussi l’interprète de «Aâlechtloum», «Leghramsadni» et «Mahmagalou el aâdyan» très appréciés dans les années 60 et 70.Les deux artistes ont été honorés sous des applaudissements nourris. Des trophées et des burnous leur ont été offerts dans une atmosphère empreinte d’émotion. Ayant cru qu’ils étaient oubliés, les deux artistes se sont dits «contents» et très honorés d’avoir retrouvé le public. Noureddine Dziri a clôturé la cérémonie, sous les rythmes marocains de «Khalini baïd», qui ont fait danser.
Rym Harhoura