Vers la création de théâtres privés 

Dans le cadre des réformes initiées par le ministère de la Culture et des Arts dans la perspective de la revalorisation et  dynamisation du secteur, un projet de loi a été récemment présenté  au gouvernement portant statut particulier des théâtres. 

Pour en parler avec plus de détails, le Théâtre national algérien Mahieddine-Bachtarzi (TNA) a abrité, ce dimanche , une conférence animée par Missoum Laroussi, directeur de la réforme et de la promotion des arts au ministère de la Culture, Mohamed Boukerras, premier responsable de l’Institut supérieur des métiers des arts, du spectacle et de l’audiovisuel (Ismas), et Mohamed Yahiaoui qui dirige le TNA.
Laroussi  a annoncé  que, pour la première fois, il est possible pour les particuliers de créer leurs propres théâtres afin de concrétiser la stratégie d’instauration d’une économie culturelle.
Le décret qui traduit sur le terrain une recommandation  du forum sur l’économie de la culture qui s’est tenu en avril dernier, vient pallier les difficultés de gestion que rencontrent les théâtres nationaux. Il prévoit  également le passage des théâtres régionaux à des théâtres publics.  Selon lui, «la décision s’explique par l’obsolescence d’une  dénomination en totale contradiction avec la réalité, du moment qu’il existe 19 théâtres. D’autresthéâtres seront bientôt ouverts dans d’autres wilayas». Le représentant du ministère a mis en avant  l’importance qu’accorde le décret à l’Association des investisseurs privés et la valorisation des espaces non exploités à travers le territoire national. «Le décret préconise également une collaboration entre les théâtres publics et privés, dans le cadre des lois qui régissent  le secteur», a-t-il fait remarquer.
Selon Missoum, les nouvelles réformes associent à la gestion des théâtres publics les secteurs de l’éducation et de l’enseignement supérieur, dont les représentants siégeront aux conseils d’administration de ces établissements.    Elles préconisent aussi l’obligation d’un contrat de performance pour les nouveaux gestionnaires qui doivent présenter un projet artistique et social    qu’ils sont tenus d’honorer. Selon lui, «chaque théâtre doit avoir une commission artistique présidée par le directeur et assisté par le directeur artistique, deux artistes et un technicien». Sa  mission consistera à étudier les projets et à valider leur efficacité et leur apport au développement de l’activité théâtrale et l’économie de l’établissement.
S’agissant des théâtres privés, Missoum a annoncé qu’une commission du ministère de la Culture sera chargée de valider les dossiers de création et de suivi des activités de ces théâtres, tenus de présenter un bilan d’activité trimestriel.
Mohamed Boukerras, s’attardant sur le contenu du  décret, a estimé qu’il s’agit «d’un apport positif à l’activité théâtrale en particulier et culturelle en général». «Mais il peut être davantage enrichi par les professionnels du secteur», s’est-il empressé d’ajouter. Toutefois, la création de théâtres privés en soi, a-t-il ajouté, ne peut qu’enrichir la production et encourager les initiatives individuelles.
Yahiaoui a enfin évoqué le théâtre communal qui joue également un rôle important dans la promotion du 4eart. Il a émis le souhait que dans chaque commune soit créé et ouvert un tel établissement.
Hakim Metref