Une campagne moyennement «bonne», selon des politologues 

La campagne électorale des élections législatives est qualifiée par des politologues de moyennement «bonne» dans la mesure où beaucoup d’avancées ont été concrétisées conformément aux nouveautés contenues dans le code électoral fraîchement adopté.

Le politologue Redouane Bouhidel juge que la campagne électorale s’est déroulée dans des conditions assez particulières. Elle a commencé timidement et ensuite le rythme s’est amélioré en faveur d’un meilleur engouement populaire. L’intervention de l’Autorité nationale indépendante des élections a fait la différence cette fois-ci et ce, malgré les quelques retards accusés, souligne-t-il. Notre interlocuteur explique que comparativement aux précédentes campagnes électorales, la concurrence a été au rendez-vous. Pour cause, le nombre important des listes et des candidats a suscité de l’intérêt et a même imposé une nouvelle logique électorale. «Les indépendants ont investi l’arène pour arracher leur place face aux partis politiques qui habituellement ne subissaient pas autant de pression. Ce nouveau facteur a donné du goût à cette campagne électorale. Les règles du jeu ont donc changé. Ce qui a suscité de la vitalité et de la dynamique dans cette autre étape du scrutin», souligne-t-il en faisant remarquer que, malgré la persistance de l’argent sale, la rigueur a été de mise et la campagne s’est tenue dans le calme et la sérénité. Bouhidel regrette, aussi, le maintien du discours populiste et la langue de bois par certains candidats et partis. Selon lui, beaucoup ont avancé de fausses promesses en omettant complètement la prise de conscience populaire, notamment suite au hirak qui avait suscité un éveil collectif sans précédent. «Nous avons remarqué que les candidats se sont beaucoup basés sur les réseaux sociaux. D’ailleurs, une campagne parallèle a été visible sur la toile. Des directs ont été diffusés en temps réel et les programmes ont été également déclinés pour expliquer les objectifs des uns et des autres. C’est un bon signe qui renseigne sur l’amélioration de la qualité de la campagne électorale», remarque le politologue en incitant l’Anie à faire également son bilan afin de mettre le doigt sur toutes les failles qui demeurent de mise. Il relève que la campagne peut être diversement appréciée en fonction des régions et leurs particularités, des discours, de la capacité de conviction et de l’intérêt suscité. Bouhidel tient à préciser qu’une avancée a été enregistrée cette fois-ci dans la mesure où beaucoup de nouveautés ont été concrétisées dans le cadre de la loi électorale fraîchement adoptée.
Le politologue Mohamed Hassene Daouadji abonde dans le même sens pour dire que la campagne électorale peut être qualifiée de «moyenne», c’est-à-dire «ni excellente ni faible» en termes de présence, d’influence et surtout de qualité du discours électoral. «Cette campagne reflète un climat de liberté que l’Algérie vit depuis le hirak. Il y a eu une liberté d’expression et les candidats ont défendu leurs idées librement. Cette campagne a avantagé les zones d’ombre de l’Algérie profonde. Il n’y a pas eu de dépassements par rapport aux autres campagnes électorales. Le seul point négatif, le timing a été un peu serré d’autant plus que la campagne s’est déroulée juste après le mois sacré. Ce qui a quelque peu affaibli la population. La crise sanitaire a pesé aussi sur la campagne», souligne encore le politologue. Daouadji relève, dans ce sillage, l’apport des réseaux sociaux dans la promotion électorale et l’absence de dérapages dans ce sens.
Karima Alloun