Espaces de vaccination anti-covid à Alger : Après la prudence, le rush

L’opération pilote de vaccination contre la Covid-19 dans des espaces supplémentaires de proximité, lancée au niveau de la capitale, dimanche , a pour objectif de booster la campagne. Un engouement de la population a été constaté, ce mardi, lors d’une tournée dans l’un des centres de proximité, aménagé sur l’esplanade du complexe El Kettani, à Bab El Oued.

Au départ, un léger ralentissement de la vaccination a été observé au niveau des polycliniques et des centres, assure le Dr Daoud Boudiba, médecin coordinateur à l’EPSP de Bab El Oued, rencontré sur place. Et d’affirmer que, actuellement, le stock de doses confortable dont nous disposons permet une large vaccination. «Au départ, près de 10 personnes seulement recevoient le vaccin quotidiennement au niveau des polycliniques. Avec ces centres de proximité, plus de 500 personnes ont été prises en charge en deux jours», affirme le responsable. «Les gens veulent se faire vacciner. Nous recevons des candidats, adultes pour la plupart, souffrant de comorbidités et de maladies chroniques», fait-il savoir. Le médecin a expliqué que «ce centre de proximité dispose de cinq chapiteaux, soit deux salles d’attente, une salle de consultation, une de vaccination et une dernière se surveillance, où le sujet vaccinée est gardé en observation pendant 30 minutes.   Si de graves effets secondaires sont observés, la personne vaccinée sera transférée vers une autre salle, équipée d’obus d’oxygène et de lits de réanimation». Concernant le vaccin, le DrBoudiba a révélé avoir reçu 10.000 doses, 5.000 du vaccin AstraZeneca  et 5.000 de Sinovac.
Finie la prudence
La vaccination est à tout-venant, sans inscription et sans passer par la plateforme du ministère de la Santé. «Le candidat se présente à notre niveau, présente sa carte d’identité et recevra un jeton. Il attendra son tour et pourra se faire vacciner sur-le-champ. Il sera convoqué, 21 jours après pour recevoir la deuxième dose», a-t-il signalé. Le mini-hôpital aménagé à l’occasion de la campagne de vaccination sera maintenu pendant environ trois mois, selon notre interlocuteur. Pour le DrBoudiba, la vaccination permettra d’éviter les formes graves de la Covid-19 et d’arriver à une immunité collective.
Mohamed et sa femme, rencontré dans la salle d’observation, ont reçu la première dose du vaccin. «Nous sommes venus nous faire vacciner pour nous protéger de la maladie. Cela s’est déroulé le plus normalement du monde», s’est-il réjoui. « Je suis cardiopatho-diabétique et ma femme est hypertendue», confie-t-il. Rafik, lui, patiente depuis 30 minutes pour recevoir son vaccin. «Il y a du monde, certes, mais la cadence est bonne. Je vais bientôt passer», dira le jeune homme, impatient. Il dit vouloir se faire vacciner pour disposer d’un carnet de santé, désormais obligatoire pour voyager hors du pays.
Plusieurs dizaines de personnes attendaient patiemment dans la salle d’attente. D’autres, interpellent les médecins et infirmiers sur la vaccination, notamment comment procéder pour en bénéficier et les risques éventuels.
Le DrBoudiba rassure et appelle les gens à ne pas céder aux discours complotistes : «Il faut se faire vacciner. Le plus dangereux, c’est de succomber à la Covid-19 et non au vaccin  centre de vaccination.»
Walid Souahi