Coupures d’eau : La responsabilité est partagée, selon les associations de consommation

Ces dernières années ont été marquées par des coupures d’eau intempestives qui s’opèrent de manière aléatoire et anarchique. D’ailleurs, les ménages étaient contraints à veiller tard dans la nuit pour faire leurs réserves d’eau.

Aujourd’hui encore, les clients de la Société des eaux et de l’assainissement d’Alger (Seaal) craignent de revivre ce scénario. Le plan de restriction dans la distribution de cette ressource vitale est imprégné, selon les associations de protection des consommateurs, «d’opacité», ce qui inquiète les clients de la Seaal, «non informés à temps des plages horaires de distribution d’eau et de la durée des coupures», indique Hacène Menaouar, président de l’Association nationale El Aman pour la protection des consommateurs.
Bien qu’il trouve que la rationalisation dans la gestion de cette ressource vitale est indispensable, au vu du déficit en pluviosité auquel fait face l’Algérie ces trois dernières années, il estime que «la gestion hasardeuse est la conséquence de l’absence d’un plan national à moyen et à long terme pour faire face au stress hydrique qui menace l’Algérie, à l’instar de plusieurs pays». Il cite, à cet effet, l’insuffisance  des infrastructures pour la collecte et le traitement des eaux, des usines de dessalement et d’épuration notamment. Il évoque dans le même contexte la vétusté des réseaux de distribution. «Il est responsable, en grande partie, des fuites directes occasionnées, outre les pertes indirectes engendrées par les branchements illicites.» Selon la déclaration récente du ministre des Ressources en eau, la déperdition s’élèverait à 40% de l’eau distribuée.
«Gestion hasardeuse des nappes phréatiques»
Hacène Menaouar dénonce, par ailleurs, le non-respect du droit des citoyens à l’eau potable, comme stipulé par la Constitution de 2020. Il rappelle, dans ce sillage, que certaines agglomérations ne sont pas encore raccordées au réseau de distribution. L’autre problème soulevé par le président de l’Association El Aman est «la gestion hasardeuse des nappes phréatiques». De son avis, il est «inconcevable» de gaspiller cette réserve souterraine pour cultiver des produits «populistes», à l’instar de la pastèque ou encore de la betterave à sucre. «Ces cultures nécessitent des quantités d’eau importantes pour leur irrigation», précise Menaoaur. Dans un autre volet, il estime qu’il est «illogique» que les consommateurs soient contraints de payer le prix du même abonnement à l’ADE, en dépit de ces coupures fréquentes.
Mustapha Zebdi, président de l’Association nationale pour la protection et l’orientation du consommateur, affirme recevoir tous les jours des requêtes et des doléances des citoyens, en «colère contre ces perturbations de l’alimentation en eau potable». Une situation, qui aurait pu être, dit-il, «évitée à travers l’implication des autorités compétentes dans une large campagne de communication». Les citoyens ont le droit d’être informés, insiste Zebdi, par rapport à la «limitation des ressources en eau et leur forte irrégularité dans l’espace et dans le temps ainsi que les programmes de rationalisation». Zaki Hariz, président de la Fédération des consommateurs,  annonce, pour sa part, que «la situation est inquiétante, au regard du taux de remplissage des barrages, estimé à 20%». C’est le cas, par exemple, des barrages de Sidi Abdelli à Tlemcen et d’Oued Taghia à Mascara. De son avis, cet état de fait est aggravé par l’absence d’une étude pour prendre en charge les maux qui affectent le secteur de l’eau, comme  le «gaspillage» et la «pollution».
Samira Azzegag