Exportation vers la Libye : 300 chefs d’entreprise algériens prochainement à Tripoli

Une commission économique composée de 300 chefs d’affaire se déplacera bientôt en Libye, afin de conclure des accords de partenariats. C’est ce qu’a fait savoir, ce mercredi, le président de la Confédération des industriels et producteurs algériens (Cipa) lors d’une conférence de presse organisée au siège de l’organisation patronale.

Abdelwaheb Ziani s’est montré très optimiste, en soulignant que les industriels algériens sont prêts à répondre largement à la demande exprimée par la partie libyenne, soulignant que les industriels algériens vont partir avec un objectif de conquérir ce marché où la  concurrence bat son plein. Selon Ziani, les opérateurs algériens ont la capacité de décrocher facilement ce marché de par la qualité de leurs produits et des prix concurrentiels proposés. «Nous n’avons rien à envier aux autres pays. Nous avons des produits de bonne qualité et nous sommes capables d’apporter notre contribution dans la reconstruction de ce pays frère. Nous souhaitons nous rendre en Libye en juillet, la mission peut être reportée à septembre à cause des grandes chaleurs», a-t-il indiqué, soulignant que ce projet constitue une bouffée d’oxygène pour les entreprises du BTPH qui, à cause de la pandémie, sont aujourd’hui en souffrance. Ce pays offre également des opportunités d’échanges commerciaux importants qui permettraient à l’Algérie de tirer facilement vers le haut ses volumes d’exportation hors hydrocarbures, dépassant même l’objectif des 5 milliards de dollars, a souligné Ziani sur un ton d’optimisme et de certitude. «L’Afrique est à nous», a laissé entendre le patronat soulignant que l’Algérie est le deuxième pays africain industrialisé, après l’Afrique du Sud, qui a des capacités de production importantes en qualité et en quantité. «Nous sommes prêts à satisfaire la demande libyennes portant plus de 2.000 produits», a-t-il dit, soulignant que les produits phares définis pour ce pays sont l’agroalimentaire, les matériaux de construction et les produits pharmaceutiques, en plus de certains services. Actuellement, il y a une timide reprise des échanges commerciaux algéro-libyens, ne dépassant pas les 59 millions de dollars en 2020, contre près de 31 millions en 2018. Tripoli comme Alger ambitionnent de relever ce niveau. Pour la Cipa, c’est loin d’être utopique. Selon Ziani, les échanges peuvent atteindre facilement les 5 milliards de dollars. Un chiffre qui est appelé à doubler avec l’encouragement des investisseurs de part et d’autre. L’accompagnement des pouvoirs publics reste une condition sine qua non pour réussir ce chalenge. Ziani a appelé les pouvoirs publics à ouvrir rapidement le poste frontalier de Debdeb-Ghadamès et d’installer tous les moyens logistiques et financiers nécessaire. Il a fait part de l’installation, avant septembre prochain, d’un guichet BEA et de zone franche et de zone sous douane à ce niveau. Il a appelé les investisseurs à aller s’installer dans ces zones. Ziani a souligné que l’acte d’exportation doit être libéré et assoupli. Il a mis l’accent sur l’impératif d’adapter les lois en relation avec l’exportation permettant aux entreprises nationales de s’implanter à l’international, d’ouvrir des unités de production au niveau des frontières, de rendre plus fluide le fonds spécial pour la promotion des exportations…  L’université dans le Sud devra également adapter la formation à la demande des régions frontalières. Evoquant le troc, le président de la Cipa a appelé à libérer ce mode de commerce et à associer les opérateurs économiques dans l’établissement des listes des produits. «Nous avons besoin d’échanger nos produits avec les produits d’origine de ces régions africains, tels que les fruits exotiques, pour les transformer en pâtes que nous importons actuellement de l’Europe. C’est des niches de métiers que nous pouvons créer», a-t-il indiqué.
Wassila Ould Hamouda