Les politologues tablent sur 40%

Taux de participation 

A quel taux s’établira la participation aux élections législatives ? Ce taux sera-t-il à la hauteur des attentes? Les spécialistes de «la chose politique» ne cachent pas leur optimisme pour diverses raisons. Mouloud Bennacef, juriste, ancien coordinateur de la wilaya d’Alger auprès de l’Autorité nationale indépendante des élections et expert, rappelle d’abord les conditions spécifiques qui entourent le scrutin. «Il se déroule dans le sillage de la promulgation d’une nouvelle Constitution qui a renforcé les libertés et d’une nouvelle loi organique sur les élections qui offre des garanties et beaucoup de motivations à ceux qui veulent se présenter.» De ce fait, il estime que les facteurs de nature à augmenter le nombre de votants et, par ricochet, le taux de participation sont réunis. «80% de la population sont de jeunes candidats qui donneront leurs voix à ceux qui les représentent. Cela est de nature à augmenter le seuil de la participation», explique le juriste prévoyant un taux qui dépassera les 40%. Il affirme que, sur les listes électorales, figurent aussi des jeunes, des femmes et des universitaires. C’est un «saut qualitatif» qui peut hisser plus haut le taux de participation. «La majorité des jeunes ont adopté le processus électoral», estime-t-il. Le politologue Idriss Attia met, lui aussi, en avant l’importance du rendez-vous électoral pour l’amorce du changement. Selon lui, un consensus «presque parfait», établi entre les partis et les différentes composantes de la société, révèle que les élections restent le seul moyen de concrétiser tout changement souhaité. «Cette opération électorale s’inscrit dans le cadre d’un agenda de réformes», ajoute-t-il, rappelant que l’ancienne APN souffrait d’un manque de légitimité et le hirak avait revendiqué haut et fort son départ. «Ce scrutin intervient pour satisfaire les demandes de la rue et son enjeu réside dans la participation populaire que je prévois très acceptable, compte tenu du nouveau mode de scrutin fraîchement adopté», poursuit-il. «Le passage de la liste fermée à la liste ouverte a consolidé les chances de beaucoup de candidats car le vote n’est pas lié à la tête de liste», argumente-t-il. Par ailleurs, Attia tient à préciser que la loi organique des élections ne définit pas un taux précis de participation pour qu’un scrutin soit validé et crédible. «Comme dans la majorité des pays», note-t-il. S’agissant de l’Algérie, il relève que les citoyens boudent l’urne mais ne la boycottent pas. «Beaucoup ne refusent pas le principe mais ne s’y intéressent pas. Autrement dit, ils n’ont rien contre le processus électoral mais n’y croient plus pour plusieurs considérations», précise-t-il. Attia préfère, dans ce cas, parler d’une rupture qui sera rattrapée au fil du temps. Déjà, il prévoit un taux de participation de plus de 40%.

Karima Alloun