Vote dans les zones d’ombre : Les habitants y croient

Cherif sait que les caciques de l’ancienne Assemblée ont été écartés et que la composition du prochain Parlement sera largement renouvelée, voire clean.

Devant centre de vote de l’école les Frères-Rami dans la bourgade M’hamdia, à Birtouta, un quadragénaire qui venait d’exercer son droit électoral, estime que les nouveaux prétendants à la députation à l’affiliation non partisane peuvent s’affirmer et apporter du sang frais à la vie politique. «Un habitant de mon quartier est candidat. Je le soutiens», fait-il savoir, assurant que son colistier, universitaire et militant dans un parti depuis près d’une décennie, promet d’apporter des changements profonds, notamment en termes de politique sociale. «Nous les habitants des zones reculées, exclus des projets de développement, souhaitons être inclus dans l’épanouissement promis par les autorités», déclare-t-il. Notre interlocuteur confie avoir placé sa confiance en ce candidat pour défendre ses droits. Le président du bureau de vote, Khaled Tirou, assure, pour sa part, que tous les moyens logistiques et humains ont été déployés pour le bon déroulement du scrutin. «Nous nous sommes conformé au protocole sanitaire et avons mis à la disposition des électeurs du gel désinfectant pour les mains à l’entrée du centre et le ports du masque est obligatoire pour tous», souligne-t-il. Il indiquera que l’opération de vote s’est déroulée dans de bonnes conditions avec la participation massive des habitants du quartier, aussi bien les hommes que les femmes.
Au niveau du centre de vote n°3 de Chaâïbia, dans la commune d’Ouled Chebel, Mokdas Mohamed, président du centre, assure que les électeurs ont commencé à affluer dès l’ouverture de l’établissement à 8h du matin. «Nous avons enregistré une participation conséquente et les citoyens ont beaucoup d’espoir en la prochaine Assemblée», a-t-il affirmé. Hadj Tahar, sexagénaire rencontré sur les lieux, est venu accompagné de son fils pour voter. Les enjeux sont, selon lui, importants. «Nous habitations ne sont pas alimentés en gaz naturel ni en eau potable. C’est dans l’espoir d’une vie descente que nous sommes venus voter», confie Hadj Tahar, presque couvert de honte de raconter sa misère. Pour son fils, élire un député, c’est  le choix de perspectives d’avenir. «Nous avons été approchés par des candidats éloquents au niveau de notre quartier lors de la campagne. Certains ont su se montrer convaincants», rétorque le jeune homme.
Dans la commune de Tassala El Merdja, le centre de vote, à l’école primaire Chahidaïn-Abdziou, fut pris d’assaut par des dizaines d’électeurs. Des files d’attente se sont même formées à l’entrée de quelques bureaux de vote. Selon le directeur de l’établissement et président du centre, Mohamed Moualdi, une batterie de mesures sanitaires ont été prises pour le déroulement du scrutin. L’opération s’est déroulée, assure-t-il, dans de bonnes conditions, avec une participation massive des locaux. Sortant d’un bureau de vote, Madani venait de donner sa voix à l’un des candidats. Résidant dans un bidonville des environs avec ses enfants et petits-enfants, il espère voir sa demande de logement social aboutir. «J’ai accompli mon devoir et j’attends des élus qu’on prenne en charge nos doléances, notamment pour un logement décent pour mes enfants et moi. Nous avons fait la demande depuis quelques années et nous sommes pas encore relogés», explique-t-il. Notre interlocuteur dit être conscient des enjeux de ce scrutin. «Une nouvelle Assemblée, c’est l’espoir de voir nos vies changer dans le bon sens. Beaucoup de candidats sont universitaires. Nous sommes à l’aube d’un renouveau», déclare-t-il, sans trop s’attarder sur ses attentes concrètes du nouveau Parlement.
Walid Souahi