APN : Des alliances pour une… majorité présidentielle

Les observateurs de la scène politique s’accordent à dire que la prochaine Assemblée ne sera pas constituée d’une majorité parlementaire comme par le passé. Ce qui laisse la place au jeu des alliances. Quelle sera l’influence des alliances sur le travail législatif et exécutif.

Le politologue Moussa Boudane estime, à ce titre, que la Chambre basse se doit d’assumer son rôle d’institution souveraine, quelle que soit sa prochaine composante. «Elle doit préserver en priorité l’intérêt national et la stabilité des institutions», indique-t-il. Supposer que l’Assemblée ne pourra pas constituer une majorité n’est autre qu’une mauvaise interprétation de l’acte politique. «Les alliances peuvent aboutir à une majorité présidentielle forte et solide», affirme-t-il. «Nous sommes dans un Etat d’institutions. La Constitution insiste sur la séparation des pouvoirs, mais en Algérie, cette relation n’est pas rigide comme ailleurs. Ceux qui prévoient une instabilité des institutions se trompent. Tout porte à croire que les alliances issues entre listes indépendantes et partisanes iront vers une majorité présidentielle devant conforter le chef de l’Etat et son programme. Ce qui est idéal», ajoute-t-il.
Ces alliances faciliteront-elles le travail de l’Exécutif qui avait jusque-là mainmise sur le travail législatif ? Boudane explique que «le but recherché est d’atteindre une complémentarité entre les institutions». «Faire tomber un gouvernement tous les mois par le Parlement est de nature à déstabiliser le pays. Ce n’est pas l’objectif escompté. Nous devons aller vers une cohabitation entre les pouvoirs législatif et exécutif. Le pays n’est pas en mesure de vivre d’autres étapes conjoncturelles», insiste-t-il. De ce fait, le politologue conseille aux institutions de ne pas entrer dans une logique d’hégémonie en termes de législation et de prise de décisions.
«L’Assemblée doit contrôler en usant de l’ensemble de ses moyens constitutionnels. Elle ne doit plus se contenter d’observer alors que l’Exécutif légifère pour elle. Il faut renverser la donne en faveur d’une meilleure représentativité parlementaire et d’une toute autre logique de réglementation. Il est indispensable de se départir des anciennes pratiques afin que la prochaine Assemblée soit à la hauteur des attentes citoyennes», conclut-il.
Karima Alloun