Nouveau code électoral : Des partis saluent le pas vers le changement

Le projet relatif à la nouvelle loi électorale a été adopté par ordonnance à l’occasion du dernier Conseil des ministres. En attendant sa publication au Journal officiel, des partis politiques ont réagi pour dire que ce nouveau cadre législatif renferme beaucoup de «dispositions positives notamment au profit des jeunes et des femmes».
Abdelouahab Benzaïm, membre du Conseil de la nation, d’obédience FLN, s’est réjoui que le texte réserve 50% de sièges sur les listes aux jeunes. Ce qu’il qualifie d’ailleurs de «grand pas». «C’est une disposition qui répond aux attentes. Le président de la République a bien fait d’accorder à la jeunesse cette place de choix. Cette décision va à l’encontre des partis politiques qui refusent le changement. En plus de cela, ce code électoral offre beaucoup de facilitations aux jeunes notamment les candidats libres. Je conseille d’ailleurs les jeunes postulants à opter pour des candidatures libres. Le but étant d’imposer leurs compétences et se détacher définitivement de l’emprise partisane. Les formations politiques ont été énormément décriées et il est grand temps d’ouvrir la voie aux jeunes afin qu’ils reprennent le flambeau. Je pense que ce nouveau texte constitue un grand pas vers la démocratie et le changement du personnel politique», a-t-il affirmé. Benzaïm n’a pas tari d’éloges à l’adresse du chef de l’Etat qui a, d’après lui, «contribué à l’émergence d’une nouvelle classe politique jeune saine et compétente». Il a souligné cependant qu’il faudra attendre le contenu complet du texte après sa promulgation dans le Journal officiel, son adoption par la nouvelle Assemblée et les textes d’application qui en découleront et qui impliqueront nombre d’institutions, dont l’Autorité nationale indépendante des élections et le ministère de l’Intérieur et de l’Aménagement du territoire.
Safi Laarabi, chargé de communication du RND, a rappelé que les partis politiques s’attendaient à ce que ce texte soit pris par ordonnance par le président de la République en raison de la dissolution de l’APN. Il relève que la principale nouveauté est l’instauration de listes ouvertes dans le cadre d’un nouveau régime électoral qui offre notamment des opportunités aux jeunes candidats. Laârabi a salué aussi l’introduction de l’exigence du niveau universitaire, la parité sur les listes en remplacement aux méthodes des quotas, et l’encouragement des femmes pour siéger au sein des assemblées élues sur la base d’une légitimité populaire. En gros, il a pensé que «toutes ces nouveautés sont compatibles avec les revendications populaires soulevées parle hirak». Le rajeunissement et le changement seront donc opérés par des moyens qui seront exigés par la loi, a-t-il précisé. Ce qui éviterait à l’avenir le monopole de l’opération électorale par les partis politiques.
Yazid Benaïcha, secrétaire général du mouvement Ennahda, attend, quant à lui, de voir le contenu final du texte et savoir s’il y a de profonds changements ou pas. Cela ne l’a pas empêché de dire que ce texte a délimité la liste électorale en imposant la parité entre les hommes et les femmes. Ce qui met, selon lui, «les partis politiques dans l’embarras car cette mesure pourrait mettre de côté le principe de la compétence». Il se dit contre le fait de bourrer les listes uniquement avec des jeunes et des femmes du moment qu’il qualifie ces conditions de «complexes». «On ne règle pas le problème du chômage par le moyen des élections», a-t-il martelé.
Belkacem Sahli, secrétaire général de l’ANR, a expliqué, pour sa part, qu’en l’absence du projet final, il est difficile de cerner les nouveautés qu’il prône. «Le communiqué du Conseil des ministres n’est pas tout à fait clair, mis à part le plaidoyer pour la lutte contre l’argent sale et l’importance accordée à la participation des jeunes, des femmes et des universitaires. Ce que je qualifie de bonne chose. La question qui n’est pas claire est celle des candidatures, des signatures du pourcentage et la répartition des sièges au Parlement suivant le nouveau découpage administratif. Nous allons attendre la promulgation de cette loi dans le Journal officiel, mais dans tous les cas nous espérons que cette loi sera consensuelle et prendra en charge la majeure partie des propositions des partis politiques», a-t-il affirmé.
Karima Alloun