Pass sanitaire : Une mesure controversée

Le pass sanitaire ou vaccinal est, dans certains pays, obligataire pour la levée des restrictions, car il permet de limiter les risques de diffusion épidémique. Toutefois, la mesure suscite une controverse dans la mesure où des voix s’élèvent pour mettre en garde contre les risques d’atteinte aux libertés individuelles.

Appelé également «certificat vert numérique», il a été proposé, pour la première fois, en mars dernier,  par la Commission européenne pour autoriser  l’ouverture de lieux fermés à cause de la pandémie de la Covid-19. Le document servira aux personnes désirant se rendre dans pays, un festival, salons, foires, concerts, matchs, événements sportifs de prouver qu’elles ne sont pas porteuses du virus.
L’Algérie s’apprête aussi à mettre en place le pass sanitaire pour sécuriser la reprise des activités. Pour le Pr Ryad Mahyaoui, membre du Comité scientifique de suivi de l’évolution de la pandémie de coronavirus, «la mesure qu’il faut adopter vise à protéger les citoyens contre l’infection de la Covid-19». Selon lui, «le recours au pass est indispensable pour se protéger contre la propagation du virus, notamment lors de l’organisation de grands événements comme les festivités culturelles, économiques, commerciales et sportives». «Pour accéder à certains espaces, comme les stades de football, il est plus que nécessaire», insiste-t-il. Notre interlocuteur  rappelle que le risque de contamination est fortement élevé, notamment dans les endroits clos. «Par contre, le risque est moins grand si les personnes présentes sont toutes vaccinées», assure-t-il, en précisant, au passage, que la mesure concerne un Etat qui ne cherche pas à l’imposer en dehors de ses frontières. «Pour le moment, aucun pays au monde n’impose ce pass pour rentrer sur son territoire, car l’accès au vaccin n’est pas le même pour tous les pays», renchérit-il. Le  Dr Mohamed Yousfi, chef du service des maladies infectieuses à l’hôpital de Boufarik,  estime qu’il est «prématuré de parler d’un un tel sujet». Pour ce praticien en contact direct avec les malades, l’Algérie n’est pas prête puisque on n’a pas encore atteint le taux d’immunité collective de 70%. Auparavant, il faudrait, plaide-t-il, «vacciner le maximum de personnes et convaincre même celles qui refusent de le faire pour ne pas pénaliser les autres». «L’autre principe à garantir est celui  de l’équité qui se concrétisera selon la disponibilité des quantités des vaccins», poursuit-il. A l’en croire, des pays n’ont commencé à parler de pass sanitaire qu’après avoir enregistré un taux très important dans la vaccination. «Exiger un pass sanitaire sans parvenir à vacciner le maximum de personnes s’apparente à de la discrimination», regrette-t-il.
Samira Belabed