Festival européen : Des Algériens chanteront l’Europe 

Après une année d’absence, en raison de la crise sanitaire qui a empêché, presque partout dans le monde, le déroulement des manifestations culturelles, le Festival européen est de retour. Le public algérien devra toutefois se contenter d’une édition animée exclusivement par des artistes algériens.

Ces derniers vont se produire, du 24 juin au 2 juillet, au Théâtre national algérien (TNA) Mahieddine-Bachtarzi, sous le thème «L’Algérie chante l’Europe». Les autres salles d’Alger ne résonneront pas des musiques de groupes que les spectateurs couraient découvrir et apprécier. On pouvait un jour s’extasier devant une troupe autrichienne et le lendemain applaudir la prestation de chorégraphes hongrois ou français.
L’événement demeure malgré tout important. «Il s’agit d’une véritable opportunité de promotion du dialogue, de la diversité culturelle algéro-européenne qui s’offre», a indiqué l’ambassadeur de l’Union européenne en Algérie, John O’Rourke, lors d’une conférence de presse animée hier au TNA.
Selon l’intervenant, la nouvelle édition sera une vitrine de la diversité culturelle européenne mais sous un nouveau format et dans un nouveau contexte, et se veut être un appui au monde artistique touché par la crise sanitaire mondiale. «C’est pour cela, a tenu à préciser l’ambassadeur, que les mesures d’hygiène ont été renforcées pour assurer le bon déroulement de l’évènement, et assure à la fois la sécurité et la santé du public».
L’événement, a précisé le même responsable, sera animé par des artistes algériens, en raison de la fermeture des frontières aériennes à cause de la propagation du coronavirus, qui a empêché les artistes européens de venir se produire en Algérie.
Evoquant les grandes lignes du programme, O’Rourke annonce que le coup d’envoi du festival sera donné par le groupe algérien Raïna Raï. Suivront ensuite plusieurs artistes algériens de renom, à l’exemple de Zakia Kara Terki, Salim Dadda. Parlant de la cérémonie de clôture, il affirme que les organisateurs prévoient le production d’un orchestre algérien composé de jeunes talents qui feront découvrir, en même temps, la richesse de la culture algériennes et la diversité de la musique européenne dans un contexte harmonieux. «Notre but principal est, indique-t-il, de renforcer l’amitié entre l’Algérie et l’Europe, l’échange dans le domaine de la culture et garantir une belle collaboration artistique». «Le festival est inédit, le public sera limité, mais l’ambiance garantie», rassure l’ambassadeur. Parlant de son expérience, il rappelle que «c’est le dernier festival qu’il va chapeauter, après cinq années de service et de présence en Algérie. «Je pense avoir apporté un plus à notre amitié et avoir contribué, durant ces quelques années, au renforcement des liens culturels dans toute la rive méditerranéenne», conclut-il,
Fusions musicales
Pour sa part, le maestro et musicien algérien, Amine Kouider, directeur artistique du Festival européen, a qualifié l’évènement «d’aussi beau que difficile». «Il est difficile de se produire sans nos amis européens, avec lesquels nous avions l’habitude d’échanger les composantes musicales dans toutes leurs dimensions», regrette-t-il. «Les artistes algériens sont là pour garantir et assurer le show et répandre la voix de leurs confrères européens dans un contexte algérien où les couleurs et les rythmes des différentes régions du pays laisseront une place à ceux du vieux continent», se félicite l’artiste.
Selon Amine Kouider, le programme comprend deux à trois titres européens durant chaque soirée selon le choix des artistes. La nouveauté, explique-t-il, est que la musique européenne verra l’introduction d’instruments algériens avec le chant et le style locaux pour donner une touche personnalisée et originale. «Pour marquer l’évènement, le programme de clôture comprend une prestation hors norme», ajoute Amine Kouider. «Un orchestre algérien, composé de jeunes talents, devra jouer l’hymne à la joie de Beethoven, et chantera en allemand et en langue arabe sur un rythme algérien», précise-t-il.
Dans cette nouvelle édition, des voix algériennes de tout le pays revisiteront le patrimoine musical européen à travers des représentations diversifiées combinant raï, rock, pop, gnaoui, musique classique, andalouse, kabyle et chaoui. Ainsi, le vendredi 25 juin à partir de 19h, Lila Aït Amara proposera une fusion entre musique andalouse et rythmes traditionnels grecques. Pour assister aux spectacles du TNA, le public devra se présenter aux guichets de l’établissement pour acheter les billets de 10h à 16h. Le prix d’accès a été fixé à 300 DA par personne. Néanmoins, seule la moitié des sièges sera occupée durant tous les concerts.
Rym Harhoura