Abdallah Benmenni, gardien de but du GSP (handball) : «Nous vivons une situation dramatique»

Un des piliers du Groupement sportif des Pétroliers (section handball), en l’occurrence le gardien de but Abdallah Benmenni vit très mal le forfait du club durant les play-offs du championnat Excellence.

«Je ne comprend toujours pas le silence des responsables de la Sonatrach. Il ne s’agit pas uniquement de la section handball, mais de milliers d’athlètes. Personnellement, je suis encore sous le choc du forfait. Question préparation, nous étions bien préparés pour jouer gros durant les tournois. Pourtant, nous avons repris et respecter notre engagement sans avoir perçu un salaire pendant huit mois. Durant les premiers mois de la propagation du coronavirus, nous avons même accepté une baisse de nos salaires. Mais, le problème n’a toujours pas été résolu. Donc, comment veut-on qu’on prenne part à une compétition à grands enjeux sans avoir nos droits. Sur le plan psychologique, nous étions démoralisés, et ce, en dépit d’avoir eu une très bonne préparation», a-t-il expliqué. Benmenni qui a grandi au club, n’a pas oublié de souligner que dix athlètes qualifiés aux Jeux olympiques de Tokyo vivent le même calvaire. «Sur les 38 athlètes qualifiés, dix sont issus du GSP. Récemment, je me suis entretenu avec un des qualifiés. Il a enfoncé le clou en disant qu’il est entrain de s’autofinancer», a-t-il souligné. Après avoir insisté sur le fait que les joueurs et entraîneurs n’ont jamais fait de chantage, notre interlocuteur a rappelé la bonne foi de l’effectif et de l’encadrement. «Si nous avons été égoïstes, nous aurions jamais repris à temps les entraînements. Mais, nous n’avons eu aucun signe positif de la Sonatrach. Après des années au sein du club, je ne m’imaginais pas un jour rater les play-offs à cause d’arriérés impayés.» Le mal est devenu plus grand selon Benmenni. «Je félicite les autres clubs. Avec très peu de moyens, ils sont arrivés à trouver des solutions provisoires pour motiver leurs joueurs. Pourtant, nous sommes signataires avec une équipe sensée avoir le plus gros budget. Hélas, nous avons été ignorés par le propriétaire du club. Je qualifie cela de manque de respect envers les premiers acteurs du sport. L’athlète est sur le terrain. Il se donne toujours à fond avec beaucoup de sacrifices, mais lorsqu’il s’agit de réclamer ses droits, il devient le dernier à être écouté et considéré», a-t-il regretté.
Plusieurs joueurs sur le départ
Interrogé sur la colère des joueurs qui a atteint son paroxysme, Benmenni a jugé logique l’intention de ses coéquipiers de songer à changer d’air. «Il faut se mettre à la place des pères de famille, qui sans salaires, n’auront pas de quoi subvenir aux besoins de leurs proches. Comment voulez-vous qu’on pense à continuer l’aventure, alors que nous avons été complètement ignorés. Si le GSP connaîtra un départ de plusieurs joueurs, je n’en serai pas surpris.» De son côté, l’idée de prendre une nouvelle destination lui taraude l’esprit depuis un mois. «Si je vois que notre doléance n’a pas d’avis favorable, je vais étudier toute offre qui me permettrait de jouer, mais aussi d’être payé à temps. Depuis mes débuts avec le club, j’ai tout donné pour être à la hauteur de la confiance de mes entraîneurs. Maintenant, je suis en fin de carrière. J’ai d’autres responsabilités d’ordre familiales. Je dois les assumer pleinement, en ayant un revenu fixe», a-t-il conclu.
Adel. K