Variants de la Covid-19 : Une situation inquiétante

Le virus est en constante mutation. Actuellement, le monde enregistre la circulation de quatre nouveaux variants. Rebaptisés alpha, delta, bêta et gamma qui désignent respectivement le britannique, indien, sud-africain et brésilien, ces variants continuent d’inquiéter la communauté scientifique. 

L’Algérie fait face aux menaces des différents variants qui circulent depuis quelques mois. Le dernier bilan de l’Institut Pasteur d’Algérie fait état de 225 cas de différents variants du virus Sars-CoV-2 détectés durant le mois de juin en cours. Les professionnels de la santé ont qualifié ces chiffres d’inquiétants, et leur crainte est de voir une recrudescence des cas de contamination, soit par les variants ou le virus d’origine. Le Dr Mohamed Yousfi, chef du service des maladies infectieuses à l’EPH de Boufarik, appelle les autorités à accélérer le rythme de vaccination afin d’arriver à un taux d’immunité collective appréciable. Selon lui, le citoyen doit comprendre l’intérêt de se faire vacciner  pour sortir de la pandémie. Dans ce sens, l’Etat a pour mission d’assurer en permanence la disponibilité des vaccins. Il faut reconnaître que le rythme de la campagne de vaccination a connu une nette amélioration, mais les quantités disponibles sont toujours insuffisantes.  Pour sa part, le Pr Rachid Belhadji, directeur des activités médicales et paramédicales au CHU Mustapha-Pacha d’Alger, estime que le nombre de personnes touchées par les nouvelles mutations est en augmentation, et la plupart des cas sont enregistrés au niveau des familles. Pour lui, certains indicateurs épidémiologiques commencent à inquiéter les professionnels de la santé. «Nous sommes en période de saison estivale et le comportement des citoyens nous préoccupe. Si le nombre des nouvelles contaminations augmente encore plus, les patriciens, déjà épuisés, seront dans l’obligation d’annuler leurs congés», a-t-il dit.  Une occasion de rappeler que les informations circulant ces derniers jours, faisant état de «la découverte d’un nouveau variant en Algérie» sont complètement infondées et l’Institut Pasteur d’Algérie, qui est la seule institution qui peut confirmer ces informations, n’a rien déclaré à ce sujet. «Actuellement, l’OMS, pour des raisons d’éthique, a décidé de ne plus appeler les variants selon les pays où ils sont découverts», a-t-il rappelé. Le praticien a pointé du doigt le comportement de certains citoyens qui nient même l’existence du coronavirus. Les services Covid de l’hôpital Mustapha reçoit jusqu’à 50 nouveaux cas par jour avec une moyenne de 6 hospitalisations. «16 mois après, le virus est toujours parmi nous. Face à cette situation, nous serons dans l’obligation de mettre en place une nouvelle stratégie de prise en charge de la Covid et de revenir aussi aux autres activités de soins», a-t-il fait savoir. Le directeur a abordé aussi l’importance de mener des enquêtes épidémiologiques, notamment avec l’apparition d’un grand nombre de personnes touchées par les nouveaux variants avec des clusters familiaux. Sur la poursuite de la campagne nationale de vaccination, le Pr Belhadj a rappelé que celle-ci connaît ces derniers jours un rythme acceptable, surtout avec l’ouverture des centres de proximité. Il a indiqué que le nombre du personnel soignant vacciné ne dépasse pas 16%, un taux jugé faible par le praticien.
Samira Belabed