Création d’une banque d’import-export : Une valeur ajoutée pour le commerce à l’international

La création d’une banque dédiée à l’import-export dotera le commerce à l’international de l’appui nécessaire pour se déployer, selon les experts. Mais ces derniers estiment quand même que si cette banque était dédiée exclusivement aux exportations, les opérateurs dans ce créneau auraient gagné plus d’avantages.

Les experts dans le commerce international approuvent la création d’une banque dédiée à l’export, comme annoncé récemment par la Banque d’Algérie. Cette dernière, rappelle-t-on, a donné son accord pour la création d’une banque d’import-export à même de résoudre plusieurs problèmes rencontrés par les opérateurs économiques et des exportateurs algériens.
Pour l’expert Hamza Boughadi, la création d’une institution financière spécialisée dans le créneau import/export est une bonne nouvelle pour tous les acteurs concernés. C’est aussi un bon départ dans l’amorce des réformes financières dont l’économie nationale a besoin. «Comme notre pays est forcé de diversifier son économie et ses revenus, la création d’une telle banque va lui donner l’appui nécessaire pour accélérer les choses au niveau du commerce international», estime-t-il.
En outre, poursuit-il, si cette banque est gérée par de grandes compétences, formées en continu et branchées en matière de technologies et d’outils techniques les plus performants, cette institution financière apportera de l’efficacité et une réelle valeur ajoutée à notre commerce à l’international. «Cette initiative va permettre à nos opérateurs de mieux maîtriser le commerce international et va contribuer à renforcer les moyens de contrôle sur les activités frauduleuses telles que le transfert illégal de la devise et la surfacturation», détaille-t-il en appelant, par ailleurs, à la création d’un réseau d’agences annexes à cette banque à l’international, avec le concours de la diplomatie économique.
Toutefois, l’expert Toufik Hantabli, quant à lui, aurait préféré que cette banque soit dédiée exclusivement à l’export, soutenue par des lois et procédures flexibles, qui prennent en compte le facteur temps. Ce qui facilitera, à son sens, la pénétration de nos exportateurs dans le marché africain, arabe et même asiatique. «A mon avis, il faudra séparer l’import de l’export, ne pas les mettre dans le même bain et ce, pour une raison très simple. Actuellement, les procédures à l’import sont très faciles par rapport à l’export qui est régi par des lois et une réglementation rigides. En association, l’export et l’import sous le toit d’une même institution, ce sont surtout les importateurs qui bénéficieront le plus des facilités consenties par le biais de cette banque», remarque-t-il.
Il recommande, dans ce contexte, la création d’une banque destinée aux exportations, dotée d’un statut spécial et soutenue par une réglementation souple qui permettrait aux actions à l’export d’échapper à l’étau de la bureaucratie, qui sévit toujours. «Il sera nécessaire de prendre en compte le volet administratif dans ce type de manœuvres. Cette banque d’import-export sera amenée inévitablement à travailler étroitement avec l’administration. Il sera donc impératif de mettre en place des procédures souples qui relieraient cette banque avec les différentes parties prenantes, l’administration et la douane, notamment.  Sans cela, ce projet ne va pas aboutir aux résultats souhaités», prévient-il.
Farida Belkhiri