Syrie : Reprise du processus d’Astana début juillet

Les pourparlers sur la Syrie engagés en 2017 dans la capitale du Kazakhstan devront reprendre début juillet, selon des sources concordantes.

De multiples rencontres organisées dans ce cadre dit processus d’Astana n’ont pas été prometteuses comme estimait, en 2017, l’envoyé spécial des Nations unies pour la Syrie, Staffan de Mistura, devant le Conseil de sécurité de l’ONU.
Le quinzième round des pourparlers syriens, qui a eu lieu les 16 et 17 février 2021 (cette fois-ci à Sotchi, en Russie, au lieu d’Astana), ne tient toujours pas ses promesses. En dépit des déclarations consensuelles de ses trois parrains, la Russie, l’Iran et la Turquie, le processus d’Astana n’arrive pas à trouver une solution pacifique au conflit syrien qui dure depuis plus de dix ans.
L’actuel envoyé de l’ONU pour la Syrie, Geir Pedersen a appelé, vendredi dernier, le Conseil de sécurité à faire preuve d’unité pour faire progresser le processus de paix dans ce pays. «Je pense que nous sommes tous déçus de ne pas faire de réels progrès sur la voie politique pour mettre en œuvre la résolution 2254, y compris la réforme constitutionnelle et les élections administrées sous la supervision de l’ONU», a déclaré devant le Conseil Pedersen. «Malheureusement, le gouffre de méfiance entre les parties et la complexité de la situation sur le terrain rendent improbable toute avancée rapide vers un règlement global», a-t-il déploré.
«Je crois que nous avons besoin d’un nouveau dialogue international constructif sur la Syrie, pour discuter de mesures concrètes ou des mesures qui devraient être réciproques et mutuelles, définies avec réalisme et précision, mises en œuvre en parallèle et qui sont vérifiables», a-t-il lancé.
L’idée de l’envoyé onusien est d’approfondir les consultations de fond exploratoires qui aident à identifier les toutes premières étapes que les acteurs syriens et internationaux pourraient réaliser «pour explorer non seulement ce qu’ils demandent aux autres, mais aussi le type de mesures spécifiques que chacun peut envisager». L’Envoyé spécial a été en contact régulier avec de hauts responsables gouvernementaux russes et américains avant et depuis le récent sommet de Genève qui a réuni les présidents Joe Biden et Vladimir Poutine.
Il se rendra prochainement à Rome pour des consultations avec les ministres des Affaires étrangères participant à une réunion sur la Syrie convoquée par l’Italie et les Etats-Unis et a dit espérer pouvoir aller bientôt à Moscou, et avoir des consultations avec de hauts responsables turcs et iraniens.
De ses multiples rencontres avec les Syriens et des messages que ces derniers lui transmettent, Pedersen a noté «une soif d’un règlement politique du conflit, seul moyen de reconstruire le pays». L’une des priorités les plus importantes devrait être de s’attaquer aux problèmes qui causent de plus en plus de souffrances quotidiennes aux Syriens eux-mêmes, a souligné l’envoyé onusien.
Selon Pedersen, la grande majorité des Syriens recherche désespérément des signaux indiquant que la communauté internationale, malgré ses différences, peut travailler ensemble. Il a exhorté tous les membres du Conseil à l’aider à cet effet dans les semaines et les mois à venir. «Ce faisant, j’espère que nous pourrons alléger les souffrances de millions de Syriens, promouvoir la stabilité et avancer pas à pas», a-t-il dit. «Notre objectif reste un règlement politique durable qui réponde aux aspirations légitimes du peuple syrien et rétablit la souveraineté, l’unité, l’indépendance et l’intégrité territoriale de la Syrie, conformément à la résolution 2254», a-t-il enfin rappelé.