Agences de voyage : Le tourisme local pour surmonter la crise

 Les agences de voyage sont de plus en plus orientées vers le tourisme local, la porte de salut qui garantirait leur survie après les dégâts occasionnés par la pandémie sanitaire.

La célébration de la Journée nationale du tourisme, le 25 juin, est une occasion pour les experts de faire le point sur la situation de ce secteur depuis l’avènement de la Covid-19. Une pandémie qui a pratiquement «chamboulé» un secteur déjà mal au point. «Certes, les agences de voyage ont beaucoup souffert de la crise sanitaire ainsi d’ailleurs que les infrastructures hôtelières. Mais cette pandémie a contribué, toutefois, à détourner l’attention des opérateurs et des consommateurs de voyage des destinations étrangères au profit du tourisme local», constate l’expert en tourisme et ancien directeur général de l’Office national du tourisme (ONT), Sadek Zerouk.
Pour lui, le tourisme local, c’est l’avenir de ce secteur. Les opérateurs de voyage, par la force des choses, ont fini par comprendre, selon lui, que leur «survie» dépendra du tourisme interne en premier lieu et du réceptif, en second lieu. «La Covid-19 a changé les donnes dans le tourisme. Le gonig n’est plus une priorité des agences de voyage. Non seulement les frontières ne sont pas complètement ouvertes mais en plus, les prix des destinations étrangères ont flambé et ne sont plus à la portée de la plupart de nos voyageurs», explique-t-il. Si les destinations étrangères sont chères, précise-t-il, c’est parce que le transport aérien est hors de prix depuis la reprise des vols. «Les compagnies aériennes ont perdu beaucoup d’argent et leur souci principal est de peaufiner leur chiffre d’affaires le plus vite possible. Les destinations comme la Turquie ont baissé leurs prix des séjours pour attirer les touristes étrangers mais pas les compagnies aériennes qui ont doublé, pour ne pas dire triplé leurs tarifs. En raison de cela, ces destinations seront hors de portée pendant encore un bon moment», prévient-il.
Attirer le maximum de touristes
Pour toutes ces raisons, les opérateurs ainsi que nos touristes, d’ailleurs, n’ont d’autre choix que de se rabattre sur les destinations nationales. Une opportunité, d’après cet expert, qu’il faudra explorer et exploiter pour encourager le secteur. Il indiquera, à ce propos, qu’afin de tirer profit de cette opportunité, les opérateurs de voyage et les hôteliers doivent s’associer pour attirer le maximum de touristes nationaux, d’abord, puis étrangers, ensuite. «Il est nécessaire de négocier les voyages et de trouver une équation qui sera profitable pour les agences de voyage, les hôteliers et pour les touristes. Les prix doivent être fixés en moyenne durant toute la saison estivale et doivent être fixes. Le nombre de séjours ne doit pas dépasser les cinq jours. C’est le seul moyen de garantir une affluence stable durant tout l’été», estime-t-il, en appelant à ce que les maisons d’hôte sont également partie prenante dans les négociations. D’autant plus que les estivants sont plus attirés par la location d’appartements que par les chambres d’hôtels en raison des prix. Le comité national de facilitation des activités touristiques, installé récemment par les pouvoirs publics, est appelé à favoriser ce type de partenariat. La mission de ce comité, rappelle-t-il, est d’assurer les conditions favorables pour l’entrée, le séjour et les déplacements des touristes et pour libérer les flux national et international. «Pour atteindre ces objectifs, ce comité doit opérer sur le terrain afin de détecter les difficultés et les insuffisances dans le tourisme interne», estime l’experte des voyages Nacéra Moumen.
Farida Belkhiri