Tourisme à Skikda : Tamanart enfin….

Les préparatifs de la nouvelle saison estivale sont terminés avec les actions régulières de nettoyage et réaménagement des plages pour accueillir dans les meilleures conditions les estivants attendus au lancement de la saison estivale, a-t-on constaté à Skikda.

Tamanart, le paradis est à portée de main. Des visiteurs se rendent chaque année dans cet endroit magique, vrais décors de cartes postales. Et ils ont bien raison.  Tamanart séduit d’emblée les visiteurs avec ses magnifiques panoramas naturels. Cette région présente une variété exceptionnelle de combinaisons de sables dorés, de verdure et de forêts, les plages Tamanart 1 et 2  sont rouvertes à la baignade, après une fermeture qui a duré 20 ans, en offrant à ses visiteurs les structures d’accueil nécessaires et notamment la sécurité, assure Abdallah Belaid, Directeur du tourisme, de l’artisanat et du travail familial de la wilaya de Skikda. Ce responsable n’a pas manqué de faire savoir que ces plages avaient été classées meilleures plages d’Afrique et furent très prisées même par des touristes étrangers, durant les années 1970 et 1980 mais la décennie noire avait tout transformé.
Rouvertes de 2003 à 2007, les plages de Tamanart ont été de nouveau fermées et ce malgré les différentes tentatives menées par l’APC. Malgré leur fermeture, ces plages ont continué à attirer des visiteurs de partout. Belaid explique clairement que leur non ouverture est justifiée par le manque de conditions nécessaires comme la sécurité. L’ouverture officielle de la saison estivale aura lieu le 1e juillet avec une cérémonie grandiose, indique Belaid. Il faut dire que la région de Skikda revit de nouveau.  Les plages de  Tamanart sont immenses et attirent chaque année des estivants, même pendant la pandémie. La beauté de ces plages idylliques sont marquées par les magnifiques oueds qui descendent des hauteurs de la région de Tamanart jusqu’à la mer, en plus de l’abondance de zones rocheuses et d’eaux limpides, comme si aucun humain n’avait foulé son sable doré auparavant.
Ces mêmes plages sont équipées actuellement de toutes les commodités, à savoir les postes de sécurité, les parkings, l’eau potable, les vestiaires et les douches, des postes des unités de la gendarmerie nationale, de la police, de la protection civile outre un poste de coordination relevant de la commune pour prendre en charge les plaintes des citoyens. La nouveauté pour cette saison estivale, réside en la création pour la première fois du poste de gestionnaire de plage qui a pour mission la gestion de la plage, la prise en charge des préoccupations des estivants et leur résolution sur place, ainsi que le renforcement de l’éclairage public, afin de faciliter le déplacement des estivants dans de bonnes conditions et assurer la sécurité. Les estivants, la plupart des jeunes  étaient en admiration devant la bonne organisation et le travail minutieux et professionnel des services de la wilaya de Skikda et les fonctionnaires de la direction de tourisme qui ont réussi à répondre à la demande des skikdis qui ont émis le souhait de rouvrir ces plages enchanteresses.
Le parking de ces plages sont aménagés de façon à accueillir le plus de véhicules possibles contre la modique somme de 150 DA la place, et 800 Da pour l’exploitation des tables et des chaises. Avec cette tarification, les estivants préfèrent zapper ces services et optent de les ramener avec eux, « histoire d’économiser des sous »,  confie Derradji, un constantinois fidèle à cette plage, venu avec sa petite famille. Derradji a pensé à tout. Son épouse a préparé un déjeuner complet et a même pensé à un gâteau comme encas de l’après- midi. Un autre visiteur venu en famille s’est plaint de la cherté des services. «  L’accès est certes gratuit, mais le citoyen est confronté à la cherté des services ! »  Face à cette situation, les services de la wilaya de Skikda rassurent les citoyens que ce n’est pas une surenchère des services mais plutôt une rentrée d’argent pour l’APC.
Côté hygiène, une équipe de nettoyage était déjà sur place. Scindée en deux groupes, cette équipe opère le matin et le soir. La plupart des jeunes saisonniers s’occupent de l’hygiène et le nettoyage des plages. Ils sont souvent confrontés à divers déchets notamment des bouteilles en plastiques, des couches-bébés et surtout des sachets en plastiques dégradables. Ils confient que les supports poubelles leurs facilitent le travail. Des familles témoignent des dernières améliorations apportées à ces plages en termes de prestations à l’exemple de l’installation des équipements  gratuits et l’aménagement de parkings d’une grande capacité. Cependant, ces familles ont fait part de leur crainte concernant  l’anarchie de la gestion de ces plages, qui sont généralement squattées et monopolisées par des jeunes. Ces mêmes familles recommandent un contrôle régulier de la sécurité. En outre, un programme de proximité est mis en place en coordination avec des associations environnementales pour sensibiliser les citoyens à l’importance de la préservation de l’environnement, et ce à travers des jeux ludiques, des communications, et des flyers qui sont distribués pour mieux expliquer l’importance du volet environnement en vue de garder les plages propres en permanence.
Le poisson, l’autre atout de la région
Fréquentée par de nombreux bateaux de pêche, la plage de Tamanart représente pour de nombreux habitants de cette région rurale, une réelle source de vie, d’autant que ses ressources marines sont pour eux, un réel moyen de subsistance durant toute l’année. Selon un responsable de la pêche, la moyenne de production annuelle de la wilaya de Skikda est de 5.200 tonnes de différents poissons et de 56 tonnes de poissons d’eau douce. La wilaya dispose également d’une flotte composée de 5.521 navires, dont 66% dédiés à la pêche artisanale, et de trois  ports de pêche à El Marsa, Collo et Stora, et le port d’Oued Z’hor. Cependant, après la réouverture de la plage, les marins pêcheurs, ont en plus de leurs activités, exploité l’affluence accrue des visiteurs pour tirer profit de cette situation. Ils se chargent aussi de transporter des visiteurs désirant découvrir d’autres plages isolées et vierges, pour immortaliser ces paysages féeriques. « Le transport est fixé à 1500 Da pour la personne », indique un marin pêcheur qui avoue que cette nouvelle activité est fructueuse. Les vieux pêcheurs de Skikda ont signalé leurs préoccupations dont les contraintes administratives qui empêchent les marins d’obtenir leurs permis de pêche, en temps opportun, parallèlement à d’autres difficultés liées à la disponibilité du matériel nécessaire pour améliorer leur rendement. D’autres facteurs liés notamment à  la pollution marine, causée par les ordures, jetées directement dans la mer.
Locations de vacances : Un marché juteux…mais
La location de vacances à Skikda attire aujourd’hui de nombreux particuliers qui proposent, à travers des annonces parues dans des sites électroniques, des biens à louer, à différents prix. Ils sont, en effet, nombreux à proposer différentes formules pour louer leurs biens. De même, les vacanciers veulent profiter de leur séjour avec les commodités d’une vraie maison. Un engouement particulier est observé durant l’été, notamment à Collo et à Tanamart. Qui sont ces vacanciers ? Ainsi, les appartements sont généralement prisés des familles, des couples, des retraités, des célibataires, et des professionnels en mission.
Les types de biens recherchés sont, selon un propriétaire d’une agence de voyage, pour la plupart, des appartements de type F2, meublés et équipés.  D’autres familles plus nanties optent pour la location des villas. Hayat Derdi, enseignante en retraite, loue un niveau de villa depuis deux années à Tanamart. « J’habite une grande maison, seule avec mon époux. Nous avons décidé de louer un niveau de villa avec toutes ses commodités, pour uniquement les familles. Le prix varie selon la saison. Si c’est le début de l’été, on loue à 7.000 Da la nuitée, à 15.000 pour la haute saison et 5.000 Da pour la basse saison », a-t-elle précisé.
Propriétaire d’un studio d’une superficie de 50 m2 à Collo, Ryad  s’est inscrit sur le site « Ouedkniss », en écoutant les conseils de ses amis. «  En seulement quelques jours de mon inscription sur ce site, j’étais inondé d’appels par des vacanciers intéressés pour une location généralement pour une courte durée », a-t-il témoigné. Résultat de cette location saisonnière: des millions générés, a-t-il avoué.
Amine met lui aussi son appartement à la disposition de ses locataires. Il a divers points de chute. Pour les séjours de 7 jours, il passe les nuits dans une crique à la plage Tamanart. L’entraide familiale est de rigueur chez le jeune homme. Quand il soumet son logement à la location, il contribue au budget familial, surtout qu’il est l’aîné de sa famille et que son père n’est plus de ce monde.
L’avocat agrée à la cour suprême, Maitre Abdelhafid Kourtel, s’exprime sur ce que prévoit la loi sur le phénomène de l’immobilier et la location en Algérie, « La loi définit précisément les droits et obligations du locataire et du bailleur et impose que ces droits et obligations soient détaillés dans un « contrat de bail » devant un notaire.
 Quant aux locataires estivants,  Maitre Kourtel estime que le touriste a besoin d’un cadre juridique. Ce qui n’est pas le cas chez nous », « le touriste étranger ou local doit passer par des particuliers en vue de louer. Il convient de savoir que presque la plupart refuse de passer par le notaire, afin d’échapper aux frais des notaires et des impôts », a-t-il souligné.
Reportage réalisé par Samira Sidhoum

 

Abdallah Belaïd, directeur du tourisme de la wilaya de Skikda
«Cette année, nous avons développé le circuit touristique»
 Le directeur du tourisme de la wilaya de Skikda, Abdallah Belaïd, nous parle de la situation et de l’avenir du tourisme à Rusicada.
Quelle est la situation du tourisme à Skikda ?
Actuellement, la wilaya de Skikda compte 55 projets touristiques qui ont l’accord de principe du ministère du Tourisme, nous comptons 26 projets qui sont en cours de réalisation, entre hôtels et complexes. Nous avons 44 agences qui activent, 11 zones d’expansion touristique (ZET) dont 5 déjà réalisés et d’autres en cours de réalisation et 11.600 artisans.
Aujourd’hui, la ville de Skikda est devenue une destination prisée des Algériens. À votre avis, pourquoi cet engouement particulier ?
Ce n’est pas le fruit du hasard si la ville de Skikda se positionne en première place. C’est un travail de longue haleine. Nous avons entamé les préparatifs depuis février dernier. En somme, nous avons développé le circuit touristique qui comporte divers volets comme la culture, l’environnement et la mémoire. Nous avons réalisé 93 opérations d’aménagement des plages sur un budget de 26 milliards de centimes. On a préféré laisser quelques projets qui ne sont pas prêts pour 2022.
Quel est le manque à gagner du secteur du tourisme depuis l’avènement de la pandémie du coronavirus?
Le secteur du tourisme est le plus touché par les répercussions de la pandémie de la Covid-19, en particulier les agences de tourisme. Néanmoins, le tourisme local a retrouvé son importance grâce aux voyages entre diverses wilayas du sud et du nord du pays organisés par les agences. La plupart se sont arrêtées d’activer et les hôtels étaient carrément fermés durant un an et demi. Approximativement, des pertes qui dépassent un milliard de centimes.
Où en est la situation du foncier touristique ?
Dans l’affaire de pillage du foncier touristique dans la wilaya de Skikda, dans laquelle sont poursuivis plusieurs anciens hauts cadres et anciens ministres, je tiens à vous informer que le Parquet général près la Cour d’Alger a requis la confirmation des peines requises par le procureur de la République près le Tribunal de Sidi M’hamed. À cause du pillage du foncier touristique, nous constatons que les actes de concession ne sont plus signés et livrés.
La réception du méga projet touristique «Rusicada» est prévue pour quelle période ?
Dans ce même mégaprojet, nous en comptons 26 en cours de réalisation, entre 10 à 95% de taux d’avancement. Je cite l’exemple du projet saoudien «Siaha Park». Nous avons aussi 7 projets à l’arrêt et 39 non lancés à cause de la non obtention du permis de construire, les difficultés financières, le conflit juridique ou encore le facteur de décès. Le Groupe Ramdani Farid, le même propriétaire de l’hôtel «Royal Tulipe», est sur un projet de construction d’un autre hôtel qui est à 80% du taux de réalisation. Il a été freiné par la pandémie. Nous comptons aussi un autre hôtel en construction situé au centre-ville de Skikda.
Peut-on savoir le nombre de plages qui demeurent interdites à la baignade ?
Nous n’avons pas autorisé la baignade sur 39 plages qui ne réunissaient pas les conditions nécessaires en matière d’hygiène, de sécurité, d’accès libre aux citoyens et de protocole sanitaire.
Entretien réalisé par Samira Sidhoum