Tizi Ouzou : Organisation d’un salon du livre amazigh à Ouacifs 

 La commune des Ouacifs, située à une quarantaine de  kilomètres au sud-est de Tizi Ouzou, abritera, du 2 au 5 juillet prochain, un Salon du livre amazigh organisé sous l’égide de l’association L’hadj Lmokhtar Ath Saïd.

La  manifestation, première du genre dans cette région, se tiendra au centre de formation professionnelle (CFPA) de la localité blottie au pied du Djurdjura. «Le Salon verra la participation de 125 sur 150 auteurs inscrits et 33 maisons d’édition sur 300 qui ont émis le vœu de participer», a affirmé Salem Aït Belkacem, qui  animé, ce samedi une conférence de presse sur le site même. L’événement est dédié à la mémoire de Mohand Ou Idir Aït Amrane, premier président du Haut-Commissariat à l’amazighité (HCA) et auteur de la célèbre chanson «Kker a mmi-sumazigh» (enfant de la région).
Lors de la rencontre avec les médias, le président de l’association susmentionnée, Aomar  Mahammed Oussaïd, a souligné que l’idée de la  manifestation était dans l’air depuis un bon bout de temps au sein du microcosme culturel de la région réputée pour constituer un terreau d’hommes de culture et des arts. «Après avoir constaté le foisonnement de festivals culturels et économiques un peu partout, on s’est dit, avec des amis pourquoi ne pas lancer l’idée d’une manifestation culturelle qui sera la vitrine pour la région», a-t-il expliqué. «Nous avons constaté que de nombreux salons sont organisés un peu partout dans la région et dans le pays sans que la littérature amazighe en soit le centre d’intérêt. C’est pourquoi nous nous sommes lancés dans cette voie», a-t-il ajouté.
Au-delà de la culture
En fait, l’idée en elle-même va au-delà de préoccupations strictement culturelles mais d’autres objectifs s’y sont greffés. «L’aspect culturel reste l’objectif principal de la manifestation. Toutefois, nous avons aussi voulu attirer le regard des pouvoirs publics quant à l’indigence économique de la région qui ne dispose ni d’un hôpital, ni d’un hôtel, ni d’une auberge ou maison de jeunes, ni d’unités économiques d’envergure avec un réseau routier des plus lamentables», a poursuivi Oussaïd
Ce nouveau rendez-vous culturel est également motivé, comme le soulignera le commissaire du Salon, Hacène Halouane, enseignant-chercheur au département de français à l’université Mouloud Mammeri de Tizi Ouzou, «par la nécessité de mettre au grand jour ce foisonnement d’écrits, de livres et de publications qui sont éditées sans qu’ils ne soient pour autant mis entre les mains du grand public et donner plus de visibilité à leurs auteurs». «Ce sera aussi un grand carrefour pour les éditeurs spécialisés dans le tamazight et pour les lecteurs et les professionnels (enseignants, chercheurs, universitaires), et tout ceux qui gravitent autour de  la littérature d’expression amazighe», a renchéri Aït Belkacem. En fait, comme le précisera le   commissaire, la motivation principale du Salon est d’offrir un espace totalement dédié à l’expression culturelle amazighe. «Écrit en tamazight ou dans une autre langue, le principal est que l’œuvre évoque la culture, l’histoire, l’identité  car se  sera préjudiciable de s’enfermer dans  un carcan», a-t-il lancé. Toutefois, l’un des organisateurs ne manquera pas de révéler que « des maisons d’édition hostiles à ce pan de l’identité nationale n’ont pas été conviées même si elles ont émis le vœu de participer ».
Outre les traditionnelles expositions et séances de vente-dédicaces, il est prévu tout au long de la manifestation de nombreuses conférences-débats qui seront animées par des hommes de lettres, des linguistes et des chercheurs.
Rachid Hammoutène