62 propositions soumises par le patronat au chef de l’Etat

La Confédération algérienne du patronat citoyen (CAPC) dévoile ses  propositions pour assurer «l’indispensable réussite de l’actuel phase» de la relance économique.

«La série de propositions a été soumise, la semaine dernière, au président de la République, Abdelmadjid Tebboune», a annoncé le président de la CAPC, Sami Agli, lors d’une conférence de presse, tenue hier  au siège de la Confédération. Il s’agit de quelque  62 propositions et recommandations  présentées par le patronat algérien visant un nouveau modèle économique «salutaire», et ce, pour faciliter le retour à la croissance à travers «la relance de l’effort d’investissement, se basant essentiellement sur l’entreprise, à partir d’objectifs de croissance  de 8 à 10%», a-t-il expliqué. Il s’agit d’un plan reposant sur 4 principaux piliers, à savoir la «mise en place de mécanismes transverses pour un regain de l’économie nationale», «l’aspect juridique qui doit accompagner les nouvelles mesures», «l’éradication des contraintes bureaucratique».
En attendant une démarche concrète des pouvoirs publics, Sami Agli a estimé que la crise actuelle devrait être un facteur déclencheur d’une réforme profonde afin d’aller vers le nouveau modèle économique proposé, «loin de toute considération rentière». Le patron de la CAPC regrette, néanmoins, le retard cumulé, en raison du «laxisme» dans la prise de décision. C’est une occasion, dit-il, de «préparer notre économie à des échéances incontournables, celles d’un amenuisement drastique de nos réserves pétrolières et de change», qui servent jusqu’à aujourd’hui à financer les besoins du pays et de la population. Parmi les propositions phares élaborées par les experts, Agli cite  l’ouverture de l’ensemble des activités au secteur privé, l’abandon de la règle 51/49, afin d’encourager les investissements étrangers, le lancement de la politique de champions économiques, la spécialisation
d’une banque publique dans le développement des PME-PMI ou à défaut créer une banque spécialisée. «Autant de recommandations visant à créer un environnement favorable aux opérateurs locaux et étrangers», a estimé Agli, lequel n’a pas omis de rappeler que les entreprises ont de tout temps étaient le leitmotiv de tout développement, générateur de richesse. «Il est urgent de commencer par fixer à la politique économique nationale une perspective claire en termes de diversification progressive d’un système de production», suggère-t-il. Plus explicite, il dira que les enjeux vitaux pour notre pays se poseront durant les trois décennies à venir, car convaincus que «les ressources disponibles en matière d’hydrocarburessont en voie de tarissement». Une situation, a-t-il enchaîné, qui «impactera inéluctablement la vie sociale, du fait de la croissance démographique et des exigences complexes de la population».
Sami Agli a, par ailleurs, souligné que le CAPC a opté pour le chiffre 62, en référence à l’indépendance de l’Algérie. «Il est indispensable de faire une révolution économique pour assurer une croissance pérenne», a-t-il conclu.
Samira Azzegag