Arkab pour la révision de la loi sur les mines

Le ministre de l’Energie et des Mines, Mohamed Arkab, est revenu  devant la commission des affaires économiques et financières du Conseil de la nation sur la stratégie nationale du secteur minier. Ainsi, il a réaffirmé, dans son intervention, que ce secteur figure parmi les priorités dans le cadre de la politique de diversification économique hors hydrocarbures.

«Le développement de ce secteur est un choix stratégique qui passera par la valorisation de nos ressources, et ce, dans le but de créer de la richesse et de nouveaux postes d’emploi, dans les régions isolées surtout», souligne-t-il. C’est pour répondre également, poursuit-t-il, aux besoins nationaux en matières premières, dans le domaine notamment de l’industrie de la transformation pour réduire la facture des importations en produits miniers et aller vers les exportations des excédents. Dans le domaine de la recherche et de l’exploitation, précise-t-il, la priorité sera donnée aux ressources minières à valeur ajoutée afin d’attirer les investisseurs. «Or, pour atteindre cet objectif, nous avons besoin d’un cadre réglementaire plus attrayant, qui soit aux standards internationaux dans le domaine de la concurrence.  Nous avons besoin aussi de données précises sur nos ressources afin d’établir la carte exacte de nos sites miniers et donner ainsi plus de visibilité aux investisseurs dans la prospection et dans l’exploitation», explique-t-il, relevant que le secteur œuvre à élargir la base minière en intégrant d’autres richesses minières.
Cette feuille route nécessite des partenariats et des transferts technologiques ainsi que la numérisation des systèmes des données et de l’information. «Mais aussi la révision de la loi 14-05 relative aux mines et des textes d’application pour combler les lacunes et booster ce secteur en attendant l’élaboration d’une nouvelle loi qui soit plus dynamique», remarque-t-il. Pour lui, il serait judicieux, lors de la révision de cette loi, de prendre en charge les lacunes enregistrées dans le volet  gestion des autorisations minières pour encourager les investissements et simplifier  les procédures.
Il est aussi impératif, selon lui, d’identifier et de développer les sites géologiques, appuyées sur une base de données solide et précise, avec le concours d’experts nationaux et internationaux. «C’est l’Agence nationale du service géologique de l’Algérie qui se chargera de cette mission. Nous avons, par ailleurs, lancé, pour cette année,  un vaste programme de prospection de sites miniers dans 23 wilayas, d’une valeur de 1,8 milliard DA. En même temps, nous œuvrons pour la promotion des sites miniers et encourageons l’exploitation artisanale de certaines mines aux capacités moins importantes», fait-il savoir.
Des projets d’envergure
Il a rappelé, dans ce contexte, le projet d’exploitation des mines d’or par des jeunes dans les wilayas du sud du pays à travers les PME. Des jeunes qui ont reçu desformations dans les techniques d’exploitation artisanales. Il a évoqué également les projets d’envergure lancés dans le secteur des mines pour fournir de la matière première aux industriels, notammentcelui d’exploitation du phosphate intégré de la mine de Bled El Hedba à Tébessa, d’une capacité de 3 milliards de tonnes. Son exploitation durera 15 ans en moyenne pour une production de 3 millions de tonnes/an dans une première phase puis, de 3,5 millions de tonnes/an et, enfin, de 5,5 millions de tonnes/an. Le ministre a cité également le projet d’exploitation de la mine de plomb et de zinc El Aouinetpour une production de 300 000 tonnes/an, qui sera lancé avant la fin du premier semestre 2021 et mis en exploitation dans 3 ans. Pour ce qui est du projet de l’exploitation du gisement de fer Ghar Djebilet, à Tindouf,d’une capacité de 03 milliards de tonnes, une production de 12 millions de tonnes/an, il a déclaré que «des négociations avec un groupe chinois sont en cours pour la concrétisation  et nous espérons que le contrat sera signé avec ce partenaire avant la fin de ce mois». Et de révéler que les négociations avec le partenaire australien pour l’exploitation de la mine de zinc d’Oued Amizour seront relancées. Des partenaires chinois, conclut-il, seront associés à ce projet et les autorisations d’exploitation seront octroyées avant la fin du premier semestre en cours.
Farida Belkhiri