Festival européen : Soirée purement symphonique

Le maestro Amine Kouider et l’orchestre de son académie internationale de musique et de danse Algérie «Acima» ont célébré, mardi, des morceaux de musique classique de deux grands maîtres, Chopin et Dvorak .

Représentant la Pologne et Tchéquie, le maestro a puisé dans le répertoire des plus grands compositeurs de ces  pays, pour offrir au public un voyage musical. L’ouverture fut d’abord poétique avec le duo Fayçal Belattar-Ludmila Slaim au qanoun qui, depuis le début du festival, présente l’histoire et la culture des pays de l’Union européenne. C’est entre la mer Baltique et les Carpates que débute le voyage. Belattar suivit d’abord la «Route de l’ombre pour  pénétrer au cœur de la Pologne, carrefour  de cultures et de traditions millénaires». Il marqua une halte à «la Varsovie moderne qui contraste avec Cracovie qui donne l’impression d’être figée à l’époque du légendaire roi Krak». Il s’en alla ensuite à la rencontre de «Syprian Norwid, penseur et poète». Chopin était aussi du voyage. Compositeur virtuose et maître incontesté du piano, son œuvre reste la plus interprétée sur cet instrument dans le monde entier. C’est du Chopin qu’interpréta un jeune élève de l’académie Acima. Amine Hafiz, 22 ans, pour sa première scène s’est mis devant son piano pour jouer quelques œuvres du maître dont la valse N° 17 opus posthume en La Mineur, le Prélude N°4opus 28, Etude N°5 et Ballade N° 1 opus 23.
C’est en Tchéquie que Belattar entreprend son second voyage, toujours accompagné par Ludmila qui donne, par les notes de son Kanoun, une âme plus romantique et poétique au récital. Il conta Iaroslav Seifert, «le poète amoureux fou de sa ville, Prague, sa mère et sa maîtresse».  «Prague la folle, la douce, l’imprévisible, la capricieuse qui avait accueilli et Mozart et Kafka», lança-t-il.
Les silences parlants de Dvorak
Amine Kouider, accompagné par l’Orchestre symphonique Acima, ira aux Etats-Unis où est née l’une des plus belles symphonies du compositeur tchèque  Antonin Dvorak. Il s’agit de la symphonie N°9 en mi- mineur, intitulée «la  Symphonie du Nouveau monde». Le  compositeur séjourna, entre 1892 et 1896 à New York où il fut directeur du conservatoire de la ville. C’est alors qu’il composa cette  œuvre en s’inspirant des rythmes indiens et de la vie paysanne américaine qui lui rappelaient son pays natal. La symphonie, composée de4 mouvements, séparés par des moments de silence, se distingue par une distribution très intense. Chaque instrument est sollicité, du début jusqu’ à la fin avec des variations de rythmes qui vont dela mélodie lente et mélancolique à d’autres plus vives   qui rappellent les chevauchées sauvages du Far-West.
L’ambassadeur de la République tchèque, lors de la présentation de la symphonie, avait souligné que le public ne devait pas applaudir entre les mouvements. Selon lui, «même si  les silences semblent relativement longs, ils font partie de la composition conçue par Dvorak».
A la sortie, le public avait exprimé sa grande satisfaction d’avoir pu écouter cette œuvre magistrale. «Nous sommes ravis de voir reprendre les activités du TNA», lance une jeune fille venuesoutenir l’une de ses amies, membre de l’orchestre. Le protocole  sanitaire ne semble pas  contraignant. «La seule chose qui me dérange est le fait de s’assoir les uns loin des autres, par respect de la distanciation.  Sinon on se sent à l’aise et on profite amplement du spectacle»,  confie la demoiselle.
Pour Ludmila Slaim, «le  festival est un véritable bonheur. Il offre au musicien de remonter sur scène après plus d’une année d’inactivité». Pour le virtuose du qanoun, il est très fatigant de se produire chaque soir mais celle-ci  ne pèse rien devant le bonheur de se retrouver devant un  public ».
Hakim Metref