Al-Qods-Est occupée : Environ 1.500 Palestiniens risquent d’être déplacés

Les résidents Palestiniens de la ville de Silwan, à al Qods-Est occupée «doivent faire face à une décision impossible, soit démolir leur propre maison, soit attendre que les forces de l’occupation procèdent à la démolition et factureront les frais de l’opération», affirme l’Association Palestine France solidarité (APFS).

Selon l’association, au début du mois courant, les autorités de l’occupation israéliennes ont émis une série d’ordres de démolition donnant aux familles d’al-Bustan 21 jours pour évacuer et démolir leurs maisons.
Selon les ordres de démolition, si les résidents, qui sont environ 1.500, ne détruisent pas eux-mêmes leurs maisons d’ici le dimanche 27 juin, les autorités de l’occupation procéderont aux démolitions et factureront les frais de démolition aux résidents.
Depuis plus de dix ans, le gouvernement d’occupation israélien a adressé aux familles palestiniennes d’al-Bustan des ordres de démolition, sous prétexte que leurs maisons ont été construites sans permis. «Les premiers ordres de démolition sont arrivés en 2004 dans le quartier d’al-Bustan, visant 124 familles au centre du quartier», a déclaré à Mondoweiss Quteibah Odeh, 27 ans, assistante sociale et résidente d’al-Bustan. «Mais jusqu’à ce jour, les habitants d’al-Bustan sont restés fermes, et n’ont pas encore quitté une seule maison. Et nous n’avons pas l’intention de partir», a-t-elle indiqué.
Odeh, qui est née et a grandi à al-Bustan, est l’un des plus de 1.500 habitants du quartier dont la maison est menacée de démolition. Elle a déclaré que ni elle, ni aucun de ses voisins n’avaient l’intention de démolir leur propre maison.
Seuls 13% d’El Qods-Est, dont la majeure partie est déjà construite, sont destinés à la construction palestinienne, tandis que 35% d’al-Qods-Est ont été alloués aux colonies israéliennes, qui sont illégales au regard du droit international.
En 2020, en pleine pandémie de coronavirus, plus de 175 structures palestiniennes ont été démolies ou saisies par les forces d’occupation israéliennes à al-Qods-Est au motif que les permis de construire faisaient défaut.
Parmi ces structures, environ 47% étaient des auto-démolitions, contre une moyenne de 21% l’année précédente. Depuis le début de 2021, près de 50% de toutes les démolitions à al-Qods-Est ont été effectuées par les propriétaires eux-mêmes.
«La destruction de biens dans un territoire occupé est interdite par la quatrième Convention de Genève, sauf lorsque cette destruction est rendue absolument nécessaire par des opérations militaires», a déclaré le bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (Ocha) dans un rapport. Mais les Palestiniens qui vivent à al-Bustan ne sont pas les seuls habitants de Silwan à se battre contre les tentatives de sauvetage de leurs maisons.
À quelques pas de là se trouve le quartier de Batn al-Hawa. Au sud de la vieille ville, la mosquée Al-Aqsa est visible de presque tous les toits, balcons et coins de rue du quartier.
Selon des groupes de défense des droits comme B’Tselem, Batn al-Hawa est le site de l’un des «programmes d’expulsion les plus étendus» de ces dernières années à al-Qods-Est, dans lequel des groupes de colons tentent d’expulser par la force les résidents palestiniens du quartier et de les remplacer par des colons.
La situation d’un autre quartier de la vielle sainte, Cheikh Jarrah, où plusieurs familles palestiniennes sont menacées d’expulsion, a été à l’origine de violents affrontements entre manifestants palestiniens et forces de sécurité israéliennes en avril-mai dernier. La bande palestinienne de Ghaza a été par la suite cible d’une nouvelle agression sioniste.