Alger : De plus en plus de monde

La pandémie de la Covid-19 est en recul, mais le coronavirus fait encore des victimes, dont le nombre dépendra notamment de l’effort vaccinal. Il ne faut pas lâcher la garde durant l’été pour envisager sereinement l’automne, estime le Dr Fatiha Tifoura, cheffe du service d’épidémiologie et médecine préventive à l’EPSP Sidi M’hamed et coordonnatrice de l’opération de vaccination au vaccinodrome de la place du 1er Mai, à Alger.

Ici de plus en plus de citoyens sont enregistrés depuis l’inauguration du vaccinodrome, le 9 juin dernier,  font savoir les médecins et infirmiers présents. Faisant face au CHU Mustapha-Pacha, de grands chapiteaux aménagés en salles de soins accueillent, dans une organisation synchronisée, les personnes désirant se faire vacciner, sans prise de rendez-vous, ni réservation. Des jetons numérotés sont distribués aux arrivants à l’entrée, qui prennent place dans l’une des deux salles d’attente, en attendant leur orientation vers la salle d’examen pour la consultation médicale. Ils seront par la suite vaccinés, avant de se diriger vers la salle post-vaccinale pour une observation de 30 minutes. Les «candidats» pourront alors quitter le vaccinodrome si aucun effet ou symptôme n’est observé.
 «Nous avons déjà vacciné, aujourd’hui jusqu’à 11h, plus d’une cinquantaine de personnes, et l’opération se poursuivra jusqu’à la fin de la journée, vers 18h. Nous vaccinons en moyenne 300 personnes par jour», a précisé le Dr Tifoura. Elle signale qu’il y a deux types de vaccin administrés. «Le vaccin d’AstraZeneca est réservé aux personnes âgés de plus de 50 ans, tandis que le vaccin chinois Sinovac est administré à la tranche d’âge 18 à 50 ans. Les délais entre les deux doses sont fixés à deux mois pour le premier vaccin et trois semaines pour le second», a-t-elle expliqué. Ces vaccins, a fait savoir le médecin, n’exigent pas une conservation sous une très basse température, comme c’est le cas pour le vaccin Sputnik qui nécessitait une congélation. «Avec ces vaccins classiques, il est plus facile d’organiser ce type d’opération, surtout avec les températures actuelles », a-t-elle relevé.
Satisfecit
De leur côté, les citoyens saluent l’initiative de proximité. Mohamed est venu se faire vacciner après un premier passage au vaccinodrome, il y a 15 jours. «J’ai chopé la Covid-19 il y a un peu plus de trois mois. Sans trop de complications. Je suis passé il y a deux semaines, mais les médecins m’ont fait savoir que la période recommandée pour recevoir le vaccin après infection est de 90 jours. J’ai finalement reçu ma première dose», raconte le quadragénaire, qui se dirigeait vers la salle d’observation, où il devra passer 30 minutes avant de rentrer. Un sexagénaire s’est fait vacciner en même temps que lui. «C’est ma fille qui m’a exhorté à venir me faire vacciner. Elle m’attend à l’entrée», confie-t-il, révélant que plusieurs de ses amis et voisins avaient reçu le vaccin. Une dame, de passage au 1er Mai, s’est rapprochée du vaccinodrome pour se renseigner. «Au début, je voulais seulement avoir des informations sur le déroulement des opérations, et en fin de compte, j’ai été vaccinée. Je pensais qu’il fallait prendre rendez-vous. Je suis contente que cela se fasse très rapidement», s’est-elle félicitée. Ils seraient, d’ailleurs, plusieurs à avoir reçu le vaccin alors qu’ils n’étaient que de passage. Nombreux pensaient que la vaccination nécessitait un rendez-vous au préalable et du test PCR.
Walid Souahi