Abdelmadjid Chikhi : «La décision de Macron est très positive»

Le directeur  général des Archives nationales, Abdelmadjid Chikhi, salue la décision du président français, Emmanuel  Macron, de faciliter l’accès, dès ce mercredi, aux archives classifiées de plus de 50 ans, y compris celles relatives à la Guerre de libération nationale (1954-1962).

«Je peux dire, pour l’instant, que c’est une très bonne décision et c’est une ouverture s’il y a un suivi permettant de la mettre en application assez largement et qui permettrait particulièrement aux chercheurs  Algériens d’accéder à ces documents », a déclaré à l’APS le directeur  général des Archives nationales, Abdelmadjid Chikhi, qualifiant la décision de M. Macron de «très positive ».  M. Chikhi a rappelé que cette ouverture intervient en réponse surtout à « une action de la famille universitaire française qui avait envoyé des  pétitions au président français lui demandant d’ouvrir les archives et surtout la levée des restrictions qui avaient été faites concernant ce  qu’ils appellent secret défense ». Le DG des Archives  nationales attend « les dispositions qui seront prises sur le plan législatif comme le souligne le communiqué de la  présidence de la République française et sur le plan réglementaire vis-à-vis de ce qui est appelé secret de défense nationale et également le  respect de la sécurité nationale et d’un certain nombre de contingences que tous les Etats sont tenus de respecter ». « Ce que nous pouvons dire pour l’instant c’est que l’accès sera un peu plus ouvert, surtout que la période concernée est une période très importante pour l’histoire de l’Algérie. Elle se situe entre les années 1920 et 1970 », a-t-il fait remarquer, notant que cette période a connu «la gestation du mouvement national ». Il a rappelé, dans ce contexte, quelques étapes qu’a connues cette période dont certains développements de la colonisation notamment avant le centenaire de 1930 où « la colonisation s’est exprimée d’une façon assez abjecte et fêtait une centaine d’années de misère et d’application de loi très dures vis-à-vis des Algériens ».
M. Chikhi a également évoqué la période 1942-1943 (Manifeste du peule algérien) ainsi que celle de 1945 (manifestations réprimées dans le sang). « Donc, il y a un certain nombre de faits très importants et nous sommes  dans la période la plus dense de l’histoire de l’Algérie en matière  politique et en matière de rapport entre l’Algérie et la France », a-t-il  dit, insistant sur le fait que ce déclassement est « une première étape ». « Il y a beaucoup à faire. Les archivistes français vont se pencher sur pas  mal de dossiers. J’espère que ce sera positif pour l’écriture de  l’histoire », a conclu le DG des archives nationales.