Comment associer la population au programme national de transition énergétique

La transition énergétique doit passer par la sobriété dans la consommation de l’énergie, en faisant la chasse au gaspillage. Autrement dit, aboutir à une utilisation rationnelle de celle-ci en conjuguant un plan d’action entrant dans le cadre de la sécurité énergétique.

La prise de mesures incitatives et coercitives est nécessaire pour associer la population au programme national de transition énergétique (2020-2030) qui passe par le développement des énergies renouvelables et l’efficacité énergétique.
C’est ce qu’ont soutenu, ce mercredi, les intervenants lors d’une table ronde organisée en marge de la 4e édition du Salon de l’électricité et des énergies renouvelables (SEER) qui se déroule à la Safex d’Alger.
Intervenant sur le thème «La sécurité énergétique et les énergies renouvelables», Abdelghani Harrag, professeur à l’Université Ferhat-Abbas de Sétif, a estimé que pour réussir la transition énergétique, «il faut opter pour une politique incitative basée sur la sensibilisation, mais aussi compter sur la coercition qui repose sur une fiscalité adéquate». L’intervenant a aussi évoqué les outils et les politiques de nature à renforcer l’efficacité énergétique, notamment l’étiquetage de performance énergétique visant à inciter le consommateur à faire les bons choix. Il a ensuite relevé les vertus de l’efficacité énergétique dans le bâti neuf qui consomme 41% de l’énergie au niveau national.
«La transition énergétique doit passer par une sobriété énergétique conduisant à consommer moins en faisant la chasse au gaspillage et à toute consommation inutile», a-t-il insisté. «Autrement dit, une utilisation rationnelle de l’énergie conjuguée à un plan d’action entrant dans le cadre de la sécurité énergétique», a renchéri Harrag. L’autre aspect de l’efficacité énergétique consiste en l’essor et l’utilisation de produits, de techniques et d’équipements de haute performance. «Ils permettent de diminuer la consommation d’énergie pour un niveau de prestation égal», a-t-il expliqué. Par ailleurs, le professeur a soulevé les entraves à la sécurité énergétique que constituent notamment le prix moyen des énergies fossiles, en baisse depuis le début de la pandémie en comparaison avec ceux des énergies renouvelables, telles que le solaire qui sont restés stables. «L’Algérie est parmi les 10 premiers pays où le carburant est le moins, cher selon une étude élaborée par un cabinet d’études même après les augmentations successives de prix opérées à la faveur des différentes lois de finances», a-t-il fait remarquer.
Le professeur Ali Cheknane, de l’Université Amar-Telidji de Laghouat, a souligné que «la transition vers les énergies propres et durables est très difficile à concrétiser du fait des prix nationaux des énergies fossiles». Pour lui, il faut d’abord sensibiliser la population. Cheknane préconise aussi la mise en œuvre d’un programme intégrant le développement de moyens supportant la transition énergétique, l’encouragement de l’investissement et l’adaptation de la réglementation.
Enfin, Mahi Houari, directeur de l’engineering SKTM du groupe Sonelgaz, a abordé la réalisation de centrales de production d’électricité photovoltaïque avec contrôle hybride dans les régions du Grand-Sud.
Walid Souahi