Mise en place d’un réseau national de pharmacovigilance

Le réseau national de la pharmacovigilance en oncologie médicale a été installé, jeudi à Alger, par le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, Abderrahmane Benbouzid.

L’installation  de ce réseau a pour objectif de sensibiliser et d’encourager les médecins à déclarer les effets secondaires des médicaments, de manière à garantir leur utilisation sûre et à préserver la santé du citoyen. Ainsi la  structure permettra aux  services d’oncologie médicale de coordonner et de  stimuler la notification pour la déclaration des effets secondaires inhabituels constatés chez les patients suite à la prise de traitements et d’alerter  les autres services, à l’échelle nationale et  le centre national de pharmacovigilance et de matériovigilance (CNPM). Intervenant à l’ouverture de la rencontre , en marge de la formation en pharmacovigilance et en matériovigilance  dédiée aux spécialistes, Abderrahmane Benbouzid,   a précisé que la  nouvelle structure initiée par le CNPM, en coordination avec  la société Algérienne de formation et de la recherche en Oncologie (SAFRO),  s’inscrit dans le cadre de la politique du ministère qui vise «  à encourager les initiatives sur l’utilisation en toute sécurité des médicaments et  préserver la santé publique ». Une mesure extrêmement importante afin a-t-il ajouté, de « favoriser l’utilisation efficace de médicaments génériques importés ou fabriqués localement ».  Le Pr Adda Bounedjar, chef de service d’oncologie médicale centre anti cancer (CAC) de Blida et président de la SAFRO,   a abondé dans le même sens, en soulignant que le réseau a pour objectif de « sensibiliser  les médecins par rapport à la déclaration en temps réel des  effets indésirables inhabituels constatés chez des patients, suite à la prise de traitements ».  Il n’a pas manqué de relever   l’absence de « culture d’alerte » chez les médecins qui ont rarement signifié les effets inaccoutumés observés chez  les malades suite à la consommation  de génériques, de bio- similaires et même des princeps ou produits originaux.  «  Le réseau est relié au CNPM  afin que justement  les notifications parviennent au centre aisément », a-t-il expliqué.

Trois médicaments retirés du marché

« C’est en fait une plateforme qui recueille toutes les informations émises sur des traitements utilisés et le CNPM évalue et  prend la  décision  de  mise en quarantaine de la molécule, voire son retrait définitif du marché, lors d’une réunion des spécialistes », a-t-il enchainé. D’ailleurs,  trois  médicaments ont été retirés du marché en 2020 », a fait savoir l’oncologue, sans révéler  les noms des  laboratoires. Le président de la SAFRO a ensuite  signalé le manque de statistiques.  «  Il y avait uniquement un bulletin trimestriel de pharmacovigilance. C’est minimes par rapport à ce qui se fait dans les autres  pays », a-t-il déploré. Interrogé par rapport aux génériques,  Bounedjar a indiqué  que  « la société n’est pas  contre la fabrication ou la commercialisation des produits génériques ou biosimilaires à condition qu’ils   soient efficaces  avec bonne tolérance ». Nadjat Loumi Medidjel, directrice- générale du CNPM a révélé que  « plusieurs lots défaillants ont été déjà  retirés, suite à des notifications  d’oncologues ». Pour elle, «  la surveillance en continu des effets indésirables est impérative  car un médicament  n’est pas chose anodine ».

Samira Azzegag