Une Libye une et unie

Le temps a fini par donner raison à l’Algérie réclamant avec force, depuis le début de la crise libyenne, l’urgence d’un dialogue inclusif fondamentalement incompatible avec l’ingérence étrangère et la loi des armes génératrices de la guerre des milices muée en guerre par procuration opposant les puissances étrangères rivales. Près de 10 ans après l’intervention militaire occidentale, reconnue à posteriori comme une grave erreur, la thèse algérienne a prévalu. Un large consensus international s’est forgé sur le rôle primordial de l’ONU attaché, à travers le Forum de dialogue politique, à promouvoir une solution libyo-libyenne permettant la restauration de la souveraineté et le retour à la stabilité politique et institutionnelle. «L’Algérie qui n’a eu de cesse de démontrer par l’acte et la parole son soutien et sa solidarité inconditionnelle aux côtés du peuple libyen ne ménagera aucun effort pour concrétiser la paix et la réconciliation nationale dans ce pays frère», a affirmé le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, exprimant sa satisfaction sur l’adoption par la Chambre des représentants du gouvernement unifié dirigé par Abdelhamid Debaibah. Le vote de confiance du Parlement, salué par la communauté internationale, est un pas important dans la voie de la paix et de la stabilité. Cette dynamique unitaire se reflète dans la composante d’un gouvernement, représentatif de toutes les régions et de toutes les couches de la société. Elle scelle la fin des ingérences qui constituent un obstacle majeur à la consécration de la volonté populaire incontournable pour la tenue des élections «présidentielle et parlementaires justes, inclusives et crédibles» inscrites en priorité dans la feuille de route du nouveau gouvernement. Le départ des forces étrangères et des mercenaires, considérés par le Premier ministre libyen comme un «coup de poignard dans le dos des Libyens», et le respect de l’embargo sur les armes, décrété en vain par le Conseil de sécurité, sont les conditions fondamentales d’une transition apaisée. «Le moment est venu de tourner la page des guerres et des divisions», a indiqué le Premier ministre. Dans moins d’une année, les Libyens ont rendez-vous avec l’urne du changement démocratique pour se consacrer pleinement à la construction d’un avenir meilleur gravement compromis, avec les conséquences sociales dramatiques que l’on sait, par le pillage immoral des richesses d’un pays confronté aux pénuries et à l’absence de conditions de vie dignes à la hauteur de ses énormes potentialités.
Horizons