Loi électorale: Les partis satisfaits de la suppression de la condition des 4%

Les dispositions de la nouvelle loi électorale signée par ordonnance par le Président de la République ont été différemment appréciées par les partis politiques qui, cependant, n’ont pas manqué de saluer la suppression de la condition requise des 4% des suffrages obtenus lors des élections locales précédentes dans la circonscription électorale dans laquelle la candidature est présentée.
Le président du mouvement El Islah, FillaliGhouini, se dit satisfait du contenu du texte. Et pour cause «la majorité de nos revendications et exigences ont été satisfaites», note-t-il avant d’évoquer la suppression de la condition des 4%. «Ce qui est important est qu’il y ait une égalité des chances entre les partis et qu’il y ait un nouveau départ pour tous pour que le peuple puisse élire les plus à même de le représenter», estime-t-il. Même satisfaction quant à la disposition exigeant 50% de candidats de moins de 35 ans sur les listes électorales. «C’est là un grand pas dans l’édification d’une Algérie nouvelle et une mesure phare dans la correction des anomalies de l’ancienne Assemblée nationale», ajoute-t-il. Justement à propos des conditions d’éligibilité, Ghouini affirme qu’elles sont à la portée du parti. «Nous avons des cadres et des compétences au sein de notre formation», résume-t-il.
Lamine Osmane, président du Parti Voix du peuple, a, lui aussi, salué la suppression de la condition des 4%. «Nous avons été parmi les premiers à insister pour la suppression de cette contrainte de manière à placer l’ensemble des formations sur un pied d’égalité. Son annulation est une grande avancée», observe-t-il. Toutefois, la validation des formulaires dans le cadre de la collecte des signatures par des présidents d’APC issues du Rassemblement national démocratique ou du Front de libération nationale préoccupe Osmane. «C’est inquiétant de savoir que ce sont des P/APC d’obédience FLN ou RND qui valideront les formulaires. Il serait plus judicieux de confier cette opération aux secrétaires généraux des commues», note-t-il. Et d’ajouter: «L’essentiel est qu’il y ait une transparence dans les élections.»
Le député MSP, Ahmed Chérifi, estime, de son côté, que le texte de loi n’a pas beaucoup changé. «Il y a uniquement la suppression de la condition des 4%, mais avec l’exigence d’une collecte des signatures», remarque-t-il. Mais, selon lui, la collecte des signatures n’est pas une contrainte «parce qu’un candidat doit avoir un minimum de signatures pour se présenter».
A propos de la parité homme-femme sur les listes électorales, il rappelle que le Conseil constitutionnel a statué sur la non-constitutionnalité de cette mesure en laissant le soin à l’Autorité des élections de statuer sur cette condition en fonction des régions. Selon Chérifi, il vaut mieux supprimer cet article puisque «la gestion des affaires du pays nécessite la compétence et non le genre».
Fatma Zohra Hakem