Désillusions de nos athlètes à Tokyo : Une réforme sportive «bis» s’impose

Les résultats ô combien décevants de notre délégation durant les Jeux olympiques 2021 de Tokyo ont poussé pas seulement les acteurs du sport à réagir, mais le public. Les quelques compatriotes que nous avons pu solliciter à Alger, ont été unanimes à lancer un appel aux autorités pour lancer une réforme sportive «bis».

«Je suis dépité de voir depuis le 24 du mois en cours la catastrophe de nos athlètes. La qualification est devenue pour la majorité une performance. Je me demande comment ose-t-on se déplacer à Tokyo pour faire de la simple figuration. Notre mouvement sportif a enchaîné les humiliations de toutes les couleurs depuis longtemps. Il est temps de réviser sa copie pour faire le grand nettoyage. Après, une stratégie sportive devrait être mise en place avec comme modèle la réforme de 1977», a estimé un retraité. L’absence du double vice-champion olympique dans le 800 et 1.500 mètres, Taoufik Makhloufi, a été longuement évoquée par un groupe de nouveaux bacheliers. «Sa défection de dernière minute suscite plusieurs interrogations. Malgré ses trois médailles olympiques dont une en or en 2012 à Londres, il a été ignoré depuis son retour d’Afrique du Sud. Un tel potentiel médaillé aurait mérité de se préparer à l’étranger. Dommage quand on entend qu’il n’a pas pu se déplacer à cause d’un problème de visa. Après Makhloufi, il faudra attendre longtemps pour avoir un champion de sa trempe. La raison est l’absence d’un suivi de plusieurs jeunes, qui talentueux, n’ont pas encore bénéficié de la prise en charge du haut niveau», a expliqué un jeune. Le constat notre sport est clair, à savoir un mal très profond avec l’absence d’une politique claire. Sur ce point, la nécessité de repartir de la case de départ est inévitable dans plusieurs sports. «La plus grosse part des subventions est destinée au football. Je n’ai rien contre le sport roi, qui depuis belle lurette, draine une assistance record pas seulement en Algérie, mais dans le monde entier. Mais, le gros des titres africains, mondiaux et olympiques ont été décrochés par les sports individuels, dont l’athlétisme et la boxe. Nous sommes tous au courant des sommes mirobolantes versées dans le transfert d’un joueur. Pourtant, on peut mettre le même paquet pour la prise en charge d’un groupe de jeunots en athlétisme. Le temps est venu pour exiger des comptes à tout responsable sportif ayant échoué. De mon côté, je suis pour exiger un mandat à objectif pour chaque président de fédération», a expliqué un septuagénaire qui a déjà pratiqué pendant des années l’athlétisme, sans pour autant faire long feu.
La préparation des JO 2024 a commencé ailleurs
Plusieurs nations ont passé le stade des bilans. La préparation des JO de Paris prévu en 2024 a déjà commencé pour des pays, qui ont préparé depuis le mandat écoulé de nouveaux espoirs de médailles. «Nous ne devons pas calquer sur d’autres pays. Humainement et financièrement, nous avons les moyens pour former dès maintenant les futurs médaillés olympiques. Ce ne sera pas peut-être en 2024, mais nous pourrons le faire en 2028. Néanmoins, il faudra réunir plusieurs ingrédients, dont une stratégie à appliquer à la lettre, une enceinte sportive de haut niveau pour regrouper périodiquement l’élite sportive, sans oublier la compétition pour se frotter aux meilleurs. Une fois tous ces paramètres réunis, je suis persuadé que notre mouvement sportif saura renaître de ses cendres. Dans le cas échéant, nous stagnerons dans notre médiocrité», a intervenu un médecin généraliste. En somme, l’avis du public montre à quel point l’état de notre sport n’a cessé de s’empirer. Faire une halte et repartir vite du bon pied est la seule clé d’une renaissance tant attendue.
Adel K.