Lamamra en Ethiopie, au Soudan et en Egypte : Solutions africaines aux problèmes du continent

La diplomatie algérienne est de retour en Afrique. Après la Tunisie, l’Ethiopie, le Soudan, le ministre des Affaires étrangères Ramtane Lamamra a effectué une visite en Egypte dans le cadre d’une nouvelle feuille de route diplomatique visant à s’imposer comme un interlocuteur incontournable dans la région.

Il s’agit aussi de redynamiser la dimension africaine dans le règlement pacifique des principaux foyers de tension sur le continent et de mettre fin à l’ingérence de certaines puissances régionales et internationales notamment avec le rôle croissant d’Israël. Grand connaisseur du continent, Lamamra pourrait insuffler une nouvelle dynamique à la coordination au sein de l’Union africaine, en vue de défendre le droit international notamment dans le domaine de la sécurité, la paix et la stabilité régionale. Retisser les liens distendus, contribuer activement au règlement des crises politiques, redonner de la voix à l’Algérie après une certaine perte d’influence sur la scène continentale : telles sont les missions du nouveau chef de file de la diplomatie qui tentera de rapprocher les positions pour tout ce qui concerne les questions africaines. L’événement diplomatique de la semaine dernière ne peut, toutefois, être considéré comme «un retour de la diplomatie algérienne sur la scène africaine», selon le diplomate et expert en politique étrangère Mohamed Meghlaoui. Et pour cause, «l’Algérie n’a jamais été absente, même dans les pires moments de son histoire. Sa contribution dans les efforts de règlement de nombreux conflits régionaux en est la preuve tangible», estime-t-il, soulignant que «la diplomatie ne se fait pas sur la place publique. Elle est basée sur la confiance et la discrétion, c’est pourquoi certaines activités n’ont pas été médiatisées». Pour lui, «nous avons des principes diplomatiques qui doivent guider l’action de tous les diplomates algériens à savoir : le respect de la souveraineté, l’indépendance et l’intégrité territoriale des Etats et la non-ingérence dans leurs affaires internes tout en privilégiant la voie du dialogue pour le règlement des différentes crises».
Une diplomatie de paix
Evoquant le retour prometteur de Lamamra dans cette conjoncture internationale incertaine, il affirme que «celui-ci est l’un des meilleurs diplomates et pourrait servir la voix et les intérêts de notre pays».  Selon Meghlaoui, «l’hypothèse d’une médiation algérienne entre Addis-Abeba, Karthoum et le Caire sur le partage équitable des eaux du Nil reste à confirmer», soulignant dans ce sillage la capacité de notre diplomatie à jouer pleinement un rôle de conciliateur dans la résolution de cette question. «L’Algérie a, depuis son indépendance, œuvré à la recherche de solutions durables aux problèmes politiques et d’insécurité. Elle a suffisamment d’expérience et d’expertise en matière de médiation internationale pour s’imposer diplomatiquement dans la résolution des crises», fait-il remarquer. Et d’ajouter : «Nous avons une diplomatie de paix qui s’est toujours investie pour la consolidation de cette vertu fondamentale au développement économique des pays.»
Le diplomate tient, néanmoins, à rappeler que «les conflits sur le continent existent depuis que l’Afrique est devenue indépendante, et ce, pour différentes raisons». Il explique que «l’émergence d’une attitude positive à l’égard du règlement pacifique de nombreuses crises a permis d’instaurer la paix entre plusieurs pays, alors que d’autres doivent encore faire face à des flambées de violence internes qui donnent lieu à des combats armés qui perdurent depuis des générations». Fort heureusement, le principe de l’intangibilité des frontières a été, dit-il, «respecté à de rares exceptions depuis la résolution de l’OUA en 1964». De l’avis de cet expert : «Quelle que soit la diplomatie d’un pays, elle ne peut en aucun cas faire face, à elle seule, aux hostilités armées ou politiques qui surgissent dans la région et qui sont parfois destructrices pour certains pays».
Assia Boucetta