Le delta, hantise des patients

Depuis le début de la pandémie de la Covid-19, des cellules d’écoute et de suivi de l’impact psychologique ont été installées au niveau des établissements de santé à l’échelle nationale. C’est ce qu’a indiqué, ce dimanche, Wahiba Benaceur, psychologue et coordinatrice à la cellule d’écoute au centre hospitalo-universitaire Dr Benzerdjeb d’Oran.

«Tout le monde coopère. On travaille parfois en présentiel surtout lorsque le patient ne présente pas de signes cliniques liés à la Covid-19, et à distance dans le cas contraire», explique la psychologue.
Pour Benaceur, la peur a été observée chez les patients surtout lorsqu’ils ont appris que l’oxygène est manquant. Cette situation a provoqué le sentiment de crainte d’être contaminé et contaminer aussi son environnement et sa famille. «Nous avons observé une crainte maladive des patients du variant delta vu qu’il est très contagieux. De même, ils ont eu peur d’avoir une insuffisance respiratoire, surtout en l’absence de concentrateurs d’oxygène», a-t-elle témoigné avant de renchérir : «Cette peur est légitime.»
Cette même responsable, qui travaille depuis plus de 21 ans aux urgences médico-chirurgicales, confie que les patients ont révélé, durant leurs entretiens, l’élan de solidarité des citoyens à vouloir collecter des fonds en vue d’acquérir les concentrateurs d’oxygène. «Ils sont rassurés par ces gestes qui leur donnent beaucoup d’espoir. D’autres patients sont rassurés par la disponibilité des vaccins, d’autres encore sombrent dans le désarroi, doutant sur l’efficacité des vaccins», a-t-elle précisé.
Mme Benaceur veille à respecter les règles déontologiques. «Un psychologue doit être à l’écoute, compréhensif et ensuite accompagner le patient. Notre travail est de le rassurer, comprendre son souci et mettre en valeur ses efforts.» Mais cela n’est pas toujours évident devant des cas  de panique où, souvent où les patients  présentaient des signes physiques comme l’anxiété. «Ce cas de figure nécessite un travail colossal des psychologues», soutient-il.
Pour sa part, Khalida Remchi, responsable de la cellule d’écoute à l’EPSP de Biskra, a confié avoir enregistré une hausse «remarquable» des cas psychologiquement affectés par la Covid-19. Souvent, les causes sont liées, a-t-elle cité, à la crainte de la mort, l’insuffisance respiratoire, l’écoute régulière des pertes de vies humaines.
De l’avis du psychologue Rabah Khither, membre de la cellule d’écoute au centre hospitalo-universitaire Dr Benbadis de Constantine, la détresse psychologique induite par la Covid-19 est affecte majoritairement les jeunes et les femmes. «J’ai remarqué un afflux important de jeunes et de femmes à notre centre d’écoute. Des patients craignent le vaccin et ses effets secondaires», observe-t-il.
Samira Sidhoum