L’activité chirurgicale réduite : Les patients témoignent

Le variant delta, connu pour sa forte propagation et contagiosité, contraint certains services de chirurgie à se transformer en unités Covid. Conséquence : l’activité chirurgicale a été nettement réduite.

C’est en tout cas ce qu’ont pu vérifier beaucoup de patients présentant des pathologies relevant de la chirurgie. «J’ai un problème au niveau du genou qui se bloque me contraignant à boiter par moment, j’ai consulté et on m’a répondu qu’on ne fait que les urgences, mais pas d’opérations à froid», explique Réda, un trentenaire, précisant qu’«on m’a dit qu’il faut attendre la fin de la troisième vague et revenir pour me faire réexaminer et éventuellement me faire opérer». Ce n’est pas uniquement la chirurgie orthopédique qui a été réduite. La chirurgie générale a aussi été diminuée pour mieux permettre la prise en charge du  nombre important de malades de la Covid qui affluent aux établissements hospitalo-universitaires. «J’ai fait une échographie abdominale qui a montré des calculs vésiculaires, mais à l’hôpital, on m’a dit qu’il ne s’agit pas d’une urgence, donc, on ne peut pas m’opérer pour le moment», raconte une sexagénaire, expliquant s’être en conséquence tournée vers le privé pour la prise en charge de son problème vésiculaire. C’est que le personnel médical a été brutalement secoué et surpris par la propagation du delta avec plus de virulence, de contagiosité et de complications mortelles, y compris chez des jeunes en parfaite santé. «C’est quelque chose d’inquiétant, puisque au bout de 48 heures, le malade passe de 20% d’atteinte pulmonaire à 60%», explique une chirurgienne, précisant que la priorité est de sauver des vies avant de penser à opérer des patients d’autres pathologies ne relevant pas de l’urgence. «Le nombre des malades hospitalisés en chirurgie a été réduit, notamment ceux dont le cas ne nécessite pas une prise en charge urgente, afin d’éviter toute contamination par le virus»,  note-t-elle, précisant que beaucoup de malades évitent de consulter au sein des hôpitaux, de peur de contamination par le variant delta qui engendre rapidement des problèmes respiratoires nécessitant des quantités importantes d’oxygène. Selon elle, dès le déclin du pic de la troisième vague, l’activité chirurgicale reprendra normalement. Il faut dire que ce n’est pas la première fois que l’activité chirurgicale a été réduite. Lors des précédentes vagues, des services entiers de chirurgie générale ont été dédiés à la prise en charge des patients Covid. Et des interventions initialement programmées que ce soit en chirurgie ORL, orthopédique et même cardiovasculaires ont été reportées par crainte de contamination par la Covid-19, à l’exception des urgences notamment la chirurgie des cancers.
Fatma-Zohra Hakem