Les diabétiques dans de beaux draps

Plusieurs services au sein des hôpitaux sont désormais réservés aux malades de la Covid. Pour une meilleure prise en charge sanitaire, plusieurs établissements sanitaires sont réservés spécialement pour cette catégorie de patients. Les effets ne se sont pas fait attendre.

Cela pénalise en premier lieu les diabétiques, a regretté, ce mercredi à Alger, le président de l’Association des diabétiques de la wilaya d’Alger, Fayçal Ouhadda. La décision déplaît à Ouhedda, car les diabétiques sont obligés, selon lui, «de se faire soigner chez le privé où, souvent, les consultations et examens sont chers». Pire, poursuit-il, même en cas de complications, ils ne sont pas admis en structures hospitalières. «Ils se retrouvent contraints de se tourner vers le privé», ajoute-t-il. Il dénonce au passage les médecins qui placent le gain au-dessus de tout. N’ayant pas de chiffres précis sur le nombre exact de diabétiques atteints par le coronavirus, Ouhedda a néanmoins relève que les récentes victimes après les personnes obèses sont les malades chroniques, notamment ceux atteints de diabète en tête. Il fait savoir que les antibiotiques «Oroken» et «Ciprolan» sont efficaces pour prévenir ou traiter la Covid-19, notamment chez les diabétiques. Prescrit en association avec l’Azithromycine, l’Oroken 200 mg n’est pas remboursé par la Cnas, sauf en cas de pyélonéphrite ou d’infection urinaire basse. Ces conditions n’ont pas été revues et Ouhedda envisage d’organiser incessamment une conférence de presse à ce propos.
Amar Lahlou, président l’Association de défense des malades chroniques, tire aussi la sonnette d’alarme. «Nous recevons pas moins de cinquante appels par jour de diabétiques et hypertendus qui se plaignent de la cherté des consultations chez le privé, notamment les podologues.» Il suggère de rouvrir les services aux patients en appliquant rigoureusement les mesures barrières. Pour lui, c’est la seule solution pour régler cette problématique qui complique la situation de cette catégorie de malades.
Membre de l’association «Errifk» d’aide aux malades cancéreux, Abdesslem Benbedka affirme qu’hormis le long parcours de soins, le CPMC, entre autres, n’a jamais fermé ses portes et tous les patients sont bien pris en charge et les rendez-vous respectés. Toutefois, il déplore le manque de quelques médicaments. A ce sujet, il remercie la diaspora algérienne qui s’organise pour apporter son aide.
Samira Sidhoum