Handball : Quand le haut niveau ne rime pas avec bricolage

Le miracle n’a pas eu lieu. L’équipe nationale senior de handball a sans surprise raté la qualification pour les Jeux olympiques de Tokyo, après avoir essuyé trois défaites en trois jours du tournoi préolympique qui s’est déroulé du 12 au 14 du mois en cours à Berlin.

Une fois de plus, le Sept national s’est retrouvé face à des ogres du handball mondial sans préparation. Face à des équipes venues jouer les matches de leur vie pour un des deux billets pour les Olympiades, les coéquipiers de Ayoub Abdi ont vu que le haut niveau ne rime pas avec bricolage. Pourtant, les joueurs qui n’avaient que leurs qualités intrinsèques et leur volonté pour résister, avaient insisté dans leurs déclarations après le Mondial 2021 et avant le TQO que sans préparation, il ne faut pas leur demander l’impossible. Malgré tous ces aléas, les protégés du sélectionneur national, le Français Alain Portes, ont tenté de tenir la dragée haute à la Slovénie (défaite 28-36), à la Suède vice-championne du monde en titre (25-36), puis à l’Allemagne (26-34) avec notamment une très bonne première période (14-17). Si en attaque, l’équipe nationale a eu une très bonne moyenne, à savoir 79 buts marqués, soit 26,33 buts par match, le Sept national a été extrêmement fragile en défense. Les gardiens de but ont encaissé 106 buts, soit 35,33 buts par match. Un déséquilibre qui a profité aux autres équipes pour prendre à chaque fois le meilleur sur des Verts encore loin du sommet mondial. Ce nouvel échec ne doit en aucun cas passer inaperçu pour faire un diagnostic final sur la situation du handball en Algérie. Une fin de mandat sur une telle correction signifie que tout est à refaire au niveau du sport collectif au sept étoiles africaines.
Malgré la désillusion, quelques étoiles à préserver
Les trois lourdes défaites durant la phase qualificative pour les JO ont tout de même permis aux mordus de la petite balle de découvrir quelques étoiles de ce sport, notamment ceux issus du championnat national. Le sociétaire de la JSE Skikda, Zouhair Naïm, a une fois de plus montré qu’il n’a rien à envier aux grands joueurs des clubs européens. Très bons tireur des neuf mètres, la fierté de Skikda a eu le luxe d’inscrire neuf buts face à l’Allemagne, arrachant le prix du meilleur buteur du match. Un des fruits de l’équipe U21 du Mondial 2017 organisé en Algérie, Naim a certainement tapé dans l’œil de plusieurs recruteurs en vue d’un prochain transfert dans un des meilleurs championnats du monde. Dans le poste de gardien de but, Abdellah Benmenni est revenu de très loin, après avoir été médiocre lors du Mondial 2021. Le joueur du GSP a prouvé qu’il peut encore jouer face aux gros morceaux. Les nouveaux venus en l’occurrence Elyas Bahna et Walid Badi ont à leur tour laissé bonne impression. Malgré leur inexpérience, ils ont néanmoins montré quelques signes de futures vedettes du Sept national. Ils ont juste besoin d’être pris en charge et d’avoir plus de temps de jeu à l’avenir. Ainsi, le mandat olympique se clôture pour le handball algérien, en attendant le nouveau cycle 2021-2024 qui sera riche en défis pour le Sept national senior, dont les Championnats d’Afrique 2022 qualificatif au Mondial 2023 au Maroc et de 2024 à Alger qualificatif pour le Mondial 2025. Devant leur public, les Verts devront coûte que coûte jouer le titre et frapper d’une pierre deux coups, à savoir la consécration africaine et les Jeux olympiques de Paris. Néanmoins, la fédération doit d’ici là remettre de l’ordre, notamment préparer et établir un programme de préparation bien défini pour éviter d’envoyer l’équipe nationale directement à la déroute.
Adel K.