Education : Le CNADL monte au créneau

Le Conseil national autonome des directeurs de lycée (CNADL) a appelé, ce mardi, à mettre le dossier de la réforme du système éducatif à l’abri des considérations et conflits idéologiques, politiques et partisans, estimant que la question est du seul ressort des spécialistes.

Lors de la 1re session du Conseil, qui s’est tenue au lycée Mohamed-Benteftifa, à Blida, les participants estiment également que ladite réforme concerne la société dans son ensemble, et qu’elle doit «émaner d’un projet de société».
Yazid Bouanane, responsable de la communication au CNADL, explique que l’objectif de cette première session est de débattre des revendications et préoccupations de la corporation en vue de négociations avec le ministère de l’Education, notamment autour de  la réhabilitation du statut social du directeur de lycée et ses prérogatives. Et d’indiquer dans ce contexte que le classement émis dans le décret exécutif 12-240 en 2012 a fait du tort aux directeurs de lycée, en le mettant sur un pied d’égalité avec l’enseignant.
«Cela n’existe que dans le secteur de l’éducation», regrette Bouanane en appelant à reconsidérer la classification et l’évaluation des primes, en particulier celles liées aux responsabilités du directeur de lycée. De son côté, Ahmed Fatoum,  coordinateur national CNADL, a appelé au versement de la prime de 5.000 en début d’année scolaire dans les comptes des parents d’élèves. Selon lui, cette subvention est devenue un fardeau pour les directeurs d’établissement. «C’est pourquoi, poursuit-il, il est préférable de la verser directement dans les comptes bancaires  des parents pour alléger la mission des directeurs et préserver la dignité des élèves.»  Par ailleurs, Ahmed Fatoum a critiqué le processus de distribution du livre scolaire, en précisant que l’Office national des publications de livres scolaires a les moyens de distribuer et de vendre ce livre, mais ces points de distribution n’existent pas, selon lui, en dehors des établissements d’enseignement. «Les directeurs des lycées utilisent leurs propres moyens pour acquérir le livre auprès des centres d’orientation régionaux. Cette pratique est contraire à la loi, en plus on oblige les directeurs des lycées à payer 20.000 DA par an à l’Office pour obtenir les journaux officiels et les programmes d’enseignement. 90% des établissements d’enseignement n’accèdent pas aux journaux officiels et aux programmes d’études», indique le coordinateur. Ce dernier évoque aussi les 3% des bénéfices de la vente des manuels scolaires que doit verser l’Office pour gérer les bibliothèques des écoles, et qui n’ont jamais était versés.
M. Benkeddada