Suspension de l’utilisation d’AstraZeneca : Le wait and see des praticiens

Plusieurs pays ont procédé à l’arrêt de la vaccination par AstraZeneca, ce qui a fait réagir plusieurs praticiens de la santé.

Le Dr Mohamed Bekkat Berkani, président du conseil national de l’Ordre des médecins, estime qu’on doit être plus prudent par rapport à la suspension du vaccin. Il faut, suggère-t-il, attendre et observer les conclusions des experts européens et aussi la réponse du fabricant.
Pour sa part, le Dr Boualem Cherchali,  sous-directeur des urgences au ministère de la Santé, affirme que jusque-là, aucune complication n’a été observée chez les personnes auxquelles le vaccin anglo-suédois a été administré. «Je ne dispose d’aucun chiffre réel sur le nombre de personnes ayant reçu AstraZeneca. Néanmoins, je suis persuadé de l’absence de complications et d’effets secondaires liés à ce vaccin», a-t-il déclaré. Toutefois, il rejoint le Dr Berkani sur la nécessité d’attendre les résultats de l’enquête des scientifiques européens. Il dira que c’est à ce moment-là que le comité scientifique devra trancher.
 Ni pour ni contre, Abdelhalim Chachou, président de l’Association des laboratoires d’analyses médicales pense qu’«il est difficile de prendre une décision surtout qu’officiellement, les professionnels n’ont pas trouvé de lien entre le vaccin et les effets secondaires qu’on lui attribue. Pour le moment, rien n’est prouvé». Chachou souligne que la proportion du vaccin AstraZeneca en Algérie est minime. C’est-à-dire, a-t-il expliqué, les vaccins Sputnik V et Sinopharmsont les plus utilisés. Et d’assurer qu’aucun effet secondaire n’a été observé pour les autres vaccins. «On doit maintenir la surveillance et l’adapter en fonction des nouvelles donnes.»
Une mesure prudentielle
A contrario, le président de l’Ordre national des pharmaciens d’officine et membre du Comité scientifique de lutte contre la Covid-19, le Dr Abdelkrim Touahria, a estimé que «la mesure de suspension du vaccin
AstraZeneca par un certain nombre de pays est une attitude tout à fait logique». «C’est une mesure prudentielle en attendant les résultats des enquêtes scientifiques sur ce vaccin afin d’établir la relation de cause à effet», a-t-il précisé, affirmant qu’il y a eu des décès et des complications parmi la population qui a reçu ce vaccin. Et d’ajouter : «L’Algérie a effectivement utilisé ce vaccin, il faut donc absolument réunir les experts autour du sujet, en associant le laboratoire de pharmacovigilance pour  rassurer les citoyens, notamment ceux qui ont reçu le vaccin AstraZeneca». Selon le Dr Touahria, en l’absence des éléments rassurants sur le plan de la sécurité de ce vaccin, l’Algérie doit suspendre pour l’instant son utilisation.
A noter qu’un lot de 50.000 doses du vaccin AstraZeneca a été réceptionné en février dernier.
Samira Sidhoum