Benabderrahmane : « 6 000 milliards de dinars circulaient hors du circuit bancaire en 2020 »

 

 « Ce sont  6 000 milliards de dinars qui,  en 2020,   circulaient hors du circuit bancaire  selon les estimations de la Banque d’Algérie », a déclaré le ministre des Finances, ce mardi, lors d’une journée parlementaire organisée par le Conseil de la Nation sur la finance islamique en Algérie.

Aymen Benabderrahmane a affirmé que « certains commerçants du marché noir sont réfractaires au système bancaire classique ». Il a rappelé que quatre banques publiques  (CNEP, BADR, CPA et la BNA) ont déjà commencé à proposer des produits  islamiques à travers  133 guichets réservés.
« Le  nombre   est appelé à augmenter pour atteindre 320  avant la fin de l’année en cours », a-t-il annoncé. « La finance islamique est avant tout, a-t-il expliqué,  une exigence sociale plus qu’économique » avant d’assurer que « ces produits bancaires  sont soumis à un certificat de conformité de la part de l’Autorité de la fatwa qui délivre la certification de conformité aux banques et aux établissements financiers ». Il est, cependant, relève Benabderrahmane, « encore trop tôt pour évaluer l’attractivité des banques islamiques ».   Le ministre a dans la foulée  reconnu que : « le marché des assurances n’a pas atteint le niveau de développement souhaité ». Les raisons seraient, selon lui, « de nature idéologique », mais notre  département  est en phase  de corriger cette situation à travers la mise en service d’un nouveau produit (Takafoul) préalablement approuvé par le conseil de gouvernement », a-t-il renchéri.
 Ouverture de 320 guichets avant la fin de l’année 
 « Les banques privées qui se sont lancées dans la finance islamique manquaient d’encadrement  en termes de maitrise juridique et organisationnelle », a-t-il fait remarquer avant d’expliquer que l’objectif  est « d’améliorer la qualité des services fournis aux clients et réduire les  délais des procédures. Ce qui devrait se traduire par une meilleure prise en charge des transactions bancaires et une diversification des produits bancaires, notamment en matière d’épargne et de crédit ». En plus de développer des services bancaires sur Internet, Benabderrahamane annonce l’élargissement du réseau bancaire, de distributeurs et de guichets automatiques (GAB ou DAB). Le ministre a également évoqué « la multiplication des dispositifs de paiement de proximité notamment  les TPE». Il est aussi question de  «l’utilisation généralisée de la carte CIB pour faciliter l’accès aux services de numérisation, tout en réduisant la durée de sa livraison,  ». Sur un autre volet, Benabderrahamene a fait savoir que «  l’ouverture de nouvelles agences bancaires  dans  certaines wilayas entre dans le cadre de la nouvelle feuille de route du ministère pour renforcer le réseau bancaire public à travers certaines communes très actives  dans l’agriculture notamment ». Il a, d’autre part, indiqué qu’il espérait voir le capital privé se lancer dans l’ouverture des banques privées à travers la Bourse d’Alger. « Nous travaillons dans cette perspective au niveau de la direction générale du trésor. Le projet  devrait voir le jour dans les prochaines semaines ».
Le ministre du Commerce a, pour sa part, expliqué que « la finance islamique n’est pas une alternative, mais  un financement inclusif qui suit le financement traditionnel ». Pour Kamel Rezig, « le rôle du marché officiel des actions en Algérie dont la bourse d’Alger est d’attirer toutes les entreprises ».
Revoir le code du commerce
De l’avis du premier responsable du Commerce, « il ne peut y avoir de finance islamique sans  «Takafoul » et encore moins sans un marché financier islamique ». Pour lui, « il est devenu impératif de revoir le code du commerce pour s’adapter à cette nouvelle donne ». Il a annoncé qu’ « avant la fin de l’année, le financement islamique sera consacré avec ses dimensions à but lucratif et non lucratif. La bonne approche consiste à aligner la finance islamique sur la finance conventionnelle, qui est le système financier le plus performant au monde et d’accéder à une bourse qui attire tout le monde sans exclusion ». Le Président du Haut Conseil islamique à, de son côté, affirmé que son autorité « avait soumis plusieurs propositions d’amendement des lois, y compris le code du commerce, dans le but d’adopter des instruments appropriés dans diverses transactions afin de relancer l’économie nationale ».
Bouabdallah Ghlamallah, président du haut conseil islamique  a insisté sur la nécessité « de modifier  des  articles du code du commerce pour négocier l’introduction de  certaines obligations islamiques(Sokouk) à la Bourse d’Alger ». Il a salué « la volonté des autorités à promouvoir les transactions bancaires islamiques connaissent un afflux considérable au niveau des banques publiques et privées  ».  « Cet effort devrait se traduire par une meilleure circulation des fonds et évitera la thésaurisation ce qui peut conduire à relancer l’activité économique », a-t-il conclu».
Assia Boucetta